"Une démocratie et une République qui marchent à l’envers" : Clémentine Autain a fustigé mercredi la volonté du gouvernement de maintenir sa réforme des retraites, affirmant qu'une "écrasante majorité" des Français s'opposent au projet. Invitée de l'Interview Politique sur LCI, la députée insoumise de la Seine-Saint-Denis s'est inquiétée d'un "immense recul social". Elle a aussi assuré que l'opposition de gauche était "absolument déterminée" à lutter contre le texte, qui doit être présenté le 10 janvier prochain, et appelé à la mobilisation.
"Si vous avez une majorité à l'Assemblée Nationale alors que dans le pays, une écrasante majorité est contre cette loi, c'est qu'il y a un problème", a-t-elle argué. Selon un sondage Ifop réalisé pour Politis, 58% des sondés expriment leur sympathie pour la mobilisation des partenaires sociaux, reçus ce mercredi par la Première ministre Elisabeth Borne. "Le parlement ne serait pas légitime, par rapport à ce que souhaitent les Français, à valider un report de l’âge à la retraite", a défendu l'élue, dont le parti défend pour sa part "l'horizon de la retraite à 60 ans".
"Ce sont les classes les plus modestes, populaires qui vont payer le prix le plus fort d’un recul de l’âge de départ à la retraite", a-t-elle notamment fustigé, estimant que "déjà, le système est terriblement injuste et le gouvernement veut le rendre plus injuste". Un texte dont le seul objectif "n'est pas de sauver le système des retraites mais de répondre aux 3% de Bruxelles", à savoir l'appel de Bruxelles à réduire le déficit public sous le seuil des 3%.
Elle a par ailleurs appelé à protester contre la réforme, qui induirait une "immense régression" à ses yeux : "Si on veut faire reculer l'objectif du gouvernement, seule la mobilisation peut le faire", a-t-elle lancé. La France insoumise a invité à défiler lors de la marche le 21 janvier, lancée "à l'initiative de mouvements de jeunesse". Quant aux syndicats, qui affichent pour l'heure un front uni contre le projet, la date qu'ils arrêteront pour manifester contre le projet "sera la nôtre, nous serons à leur côté", a-t-elle assuré. De manière générale, la Nupes à l'Assemblée nationale ainsi que les groupes parlementaires de gauche au Sénat sont "absolument déterminés à combattre pied à pied cette contre-réforme des retraites", a défendu Clémentine Autain.
D'autant que l'élue estime que l'exécutif serait dans une position de faiblesse. "L'unité syndicale est en train de se préparer, la colère des Français est au rendez-vous et l'unité de la Nupes pour tenir tête est là aussi : ça commence à faire beaucoup contre eux", a-t-elle assuré. "Le gouvernement a peur de notre mobilisation, que le pays se rebelle, d'avoir encore une séquence de Gilets Jaunes", a poursuivi la députée insoumise.
Quant au signal envoyé par Elisabeth Borne, qui a temporisé à nouveau mardi sur le report de l'âge de départ à la retraite à 65 ans, dont elle ne veut pas faire "un totem", Clémentine Autain s'est montrée largement sceptique. Le gouvernement "a mis la barre suffisamment haute, dans l’ordre de la provocation" en avançant d'abord...
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