Les dinosaures déclinaient-ils déjà lorsque l'astéroïde du Chicxulub s'est écrasé sur la Terre il y a 66 millions d'années ? Le débat fait rage dans la communauté scientifique. Si de nombreuses études penchent pour le oui, une nouvelle contredit cette idée, en se basant sur la modélisation des réseaux trophiques de la fin du Crétacé.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Interview : le mystère de l’extinction des dinosaures est-il enfin élucidé ? Les scientifiques ont bien du mal, depuis toujours, à trouver un consensus expliquant l’extinction des dinosaures. Même si la théorie la plus grandement acceptée est celle d’une météorite, il persiste encore aujourd’hui des zones d’ombres. Futura-Sciences a interviewé Éric Buffetaut, paléontologue, pour qu’il nous éclaire sur la question.

Il y a 66 millions d'années, un astéroïdeastéroïde d'environ 10 kilomètres de diamètre s'écrasait dans l'actuelle péninsulepéninsule du Yucatán, provoquant la chute des dinosaures non-aviens et de nombreuses autres espècesespèces, ce que l'on appelle l'extinction massive du CrétacéCrétacé. Aujourd'hui, les scientifiques tentent de reconstituer petit à petit les événements survenus avant et après la météoritemétéorite. En particulier concernant les dinosaures : étaient-ils déjà sur le déclin lorsque la météorite est tombée ?

Selon de nombreuses études, oui. Elles se basent notamment sur le taux d'apparition de nouvelles espèces, qui a commencé à diminuer des millions d'années avant la grande extinction. Un déclin qui s'expliquerait par diverses causes, comme une modification du climatclimat, une fragmentation continentale, ou une montée des eaux. Mais aujourd'hui, une nouvelle étude parue dans Science Advances remet cette hypothèse de longue date en question.

L'impact de l'astéroïde a provoqué la cinquième extinction massive de l'Histoire. Aucun dinosaure non-avien n'y a survécu. © Derrick Neill, Adobe Stock

Des changements majeurs dans les réseaux trophiques

Pour leur étude, les chercheurs de l'université d'Edimbourg ont reconstruit une partie des réseaux trophiques de plusieurs périodes, avant et après l'impact de l'astéroïde. Ils permettent d'étudier les interactions entre espèces, donc la diversité écologique de certains lieux. En l'occurrence, la nouvelle étude cible le continent nord-américain. L'équipe a ainsi passé en revue plus de 1 600 spécimens sur 22 millions d'années : 18 millions d'années avant le bolidebolide, et 4 Ma après, permettant d'englober le Campanien, le Maastrichtien et le Danien.

Les fossilesfossiles appartenaient à tous les types d'espèces de la chaîne alimentairechaîne alimentaire de l'époque, allant des grenouilles aux grands dinosaures, en passant par de nombreux reptiles et mammifèresmammifères ! Et si les chercheurs ont bien noté la même diminution de la diversité des espèces chez les dinosaures, pour eux, cette diminution ne s'interprète pas comme un déclin. « Nous constatons un changement dans les dernières faunesfaunes de dinosaures du Crétacé, car les espèces de taille moyenne ont contrebalancé une perte de mégaherbivores, mais les niches de dinosaures étaient par ailleurs stables et statiques, contribuant potentiellement à leur disparition », écrivent-ils.

Les nœuds représentent les groupes qui constituent les réseaux trophiques du Crétacé supérieur : (A) Campanien et (B) Maastrichtien, et du Paléogène inférieur : (C) Danien. © Science Advances, 2023 

Seule une guilde écologique (c...
[Courte citation de 8% de l'article original]