Au travail pour défaire la politique de Jair Bolsonaro. Tout juste investi à la tête du Brésil, Lula a signé, lundi 2 janvier, une série de décrets pour limiter l'usage des armes et renforcer la protection de l'Amazonie, prenant le contrepied de son prédécesseur d'extrême droite. Dans les 24 heures qui ont suivi sa cérémonie d'investiture, dimanche 1er janvier, dans la capitale brésilienne, l'icône de la gauche de 77 ans a commencé à mettre en œuvre ses principales promesses de campagne.
En premier lieu sur la question des armes. Par le biais d'un décret au Journal officiel, le premier président brésilien à se voir octroyer trois mandats a suspendu pour deux mois les nouveaux enregistrements d'armes et de munitions pour les chasseurs, collectionneurs et tireurs sportifs (regroupés sous le sigle CAC). Cette catégorie a vu son arsenal tripler sous la législature Bolsonaro, pour atteindre un million d'armes enregistrées. Lula a aussi limité les possibilités d'achat d'armes et de munitions pour certains usages autorisés et suspendu l'octroi de nouvelles licences pour les CAC et de nouveaux enregistrements pour les clubs et écoles de tir. En parallèle, il a créé un groupe de travail chargé de proposer un nouveau règlement pour le Statut du Désarmement, en vigueur depuis 2003 et son premier gouvernement, qui vise à désarmer les civils.
Autre cheval de bataille du nouveau chef d'État : l'Amazonie, dont la déforestation annuelle moyenne a augmenté de 75% par rapport à la décennie précédente. Pour endiguer ce phénomène, il a paraphé des décrets visant à renforcer sa protection. Lula a notamment institué une "commission interministérielle permanente pour la prévention et le contrôle de la déforestation".
Dans le même temps, il a choisi de réactiver le Fonds pour l'Amazonie, créé en 2008 pour recueillir des dons destinés à des investissements dans la forêt. Gelé depuis 2019 en raison de divergences sur la destination des fonds entre la Norvège et l'Allemagne, principaux donateurs, et le gouvernement Bolsonaro, il va à nouveau être abonder. Il a aussi révoqué un décret autorisant l'exploitation minière dans les zones indigènes et les zones protégées au niveau environnemental.
Lula était aussi attendu sur d'autres volets. Économique et social notamment, alors que quelque 125 millions sur 215 millions de Brésiliens souffrent d'insécurité alimentaire, et 30 millions de la faim. En pleine cérémonie d'investiture, il a signé un décret visant à prolonger le populaire programme "Bolsa Familia", une bourse qui octroie 600 réais, soit environ 111 euros par mois aux familles les plus pauvres. Il s'agit d'une promesse de campagne faite après une négociation laborieuse avec le Parlement en décembre afin que le programme puisse échapper au plafonnement des dépenses publiques.
Il a en outre signé une augmentation du salaire minimum de 1212 à 1320 réais (environ 245 euros), une décision qui n'avait cependant pas encore été publiée au Journal officiel. Le successeur de Jair Bolsonaro a également acté la création d'un nouveau programme baptisé "Pro-Catador", qui promeut et améliore les conditions de travail des éboueurs.
Désireux d'effacer son adversaire des tablettes, Lula a stop...
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