Les arts sous l’emprise des vampires

Baudouin Eschapasse - LePoint - 30/12
TERREUR POP. L’inquiétante confrérie de monstres hématophages est apparue en Europe au XVIIIe siècle. Retour sur une étrange histoire qui a captivé le cinéma et la littérature.

On les croyait descendants de Vlad III (1431-1476), prince de Valachie auquel ses ennemis prêtaient la sinistre habitude d'empaler ses ennemis et, surtout, de boire leur sang… Les vampires ne sont, en réalité, pas d'origine roumaine ! Dans un essai* passionnant consacré à la figure de ces monstres, le sociologue Arnaud Esquerre nous dessine un tout autre arbre généalogique pour ces personnages hématophages que l'Anglais Bram Stoker (1847-1912) a popularisé avec son inoubliable Dracula.

À LIRE AUSSIArnaud Esquerre : comment se forgent les « vérités alternatives » Le terme de « vampire » fait son apparition dans la langue française en 1746 sous la plume d'Augustin Calmet, un abbé lorrain. Cet ecclésiastique en charge de l'abbaye de Senones, dans les Vosges, écrit, cette année-là, une « dissertation sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie ».

Il y reprend une douzaine d'histoires, rapportées par la presse de l'époque. Des anecdotes propres à faire se dresser les cheveux sur la tête. On y lit que des défunts, « généralement des hommes d'origine paysanne y sont en effet suspectés d'assassiner leurs proches survivants : veuves, enfants, domestiques, voisins », écrit Arnaud Esquerre.

Genèse

Un fait divers, survenu en 1725 dans la ville de Kisolova, en Serbie, et largement médiatisé dans le reste de l'Europe, assoit définitivement la légende de ces créatures de cauchemar. « Une enquête menée à l'i...
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