En 2022, Jean-Louis Trintignant est mort, au terme d'un parcours aussi admirable que divers et audacieux. Et Gaspard Ulliel qui avait encore tant à jouer. En 2022, dans une relative indifférence, sont morts Jacques Perrin qui fut surtout un acteur mémorable et un producteur courageux, et Jean-Jacques Beineix qui marqua une décennie du cinéma français, mais également Peter Bogdanovich et Sidney Poitier, chacun ayant à sa façon joué un rôle dans l'élargissement des cadres où fonctionne Hollywood.
2022 a été l'année de la disparition de grandes figures de ce qu'on a appelé le cinéma moderne: le Français Jean-Marie Straub, le Suisse Alain Tanner, le Japonais Kijū Yoshida, l'actrice italienne Monica Vitti et l'acteur français André Wilms. Figure plus en marge mais importante, William Klein, d'abord reconnu comme photographe, s'en est allé, comme cet immense artiste et penseur que fut Peter Brook, dont la lumière venue du théâtre s'est parfois réfractée au cinéma. Et aussi Michel Bouquet.
Eros + massacre, le chef-d'œuvre de Kijū Yoshida encore à découvrir. | Carlotta
En 2022, Jean-Luc Godard a choisi de mourir. Il aura, soixante-deux ans durant –depuis la sortie d'À bout de souffle– incarné le cinéma lui-même. Pas tout le cinéma, et pas celui qui a le plus de succès. Mais, de manière plus ou moins reconnue, la réinvention permanente de ce que peut le cinéma, de ce qu'il est capable de faire vivre, des directions qu'il est susceptible d'explorer.
En 2022, le cinéma n'est pas mort. Ni agonisant. Contrairement aux prédictions pleines d'ignorance et de malveillance de tous les Diafoirus qui ont inondé les médias, y compris nombre de journalistes, il a au contraire pris acte de ses nouvelles conditions d'existence, comme il en a tant connu déjà, et qui sont la manifestation même de sa vitalité. La seule vraie nouveauté française de la période récente est l'attitude, entre myopie et hostilité, de pouvoirs publics qui étaient traditionnellement aux côtés du septième art pour accompagner ses inévitables et d'ailleurs nécessaires mutations.
Un paysage moins peuplé que d'habitude, mais avec malgré tout de belles rencontres, et quelques heureuses surprises.
Le cinéma n'est pas mort, ni en danger de mort, c'est-à-dire que la salle de cinéma n'est p...
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