Malgré les fêtes de Noël, le conflit ne s'arrête pas. Dix mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et en plein réveillon, des frappes meurtrières se sont abattues sur Kherson, à l'est de l'Ukraine. Une attaque visant des civils largement dénoncée par Kiev, qui accuse à nouveau Moscou de "terrorisme", mais à laquelle le Kremlin n'a pas encore réagi. Ces frappes en pleines festivités montrent en tout cas que le conflit n'est pas près de s'arrêter, comme l'a relevé Ankara ce samedi 24 décembre, d'autant que des drones ukrainiens devraient être à nouveau livrés à la Russie, selon les renseignements ukrainiens.
Au moins dix morts à Kherson. La frappe russe qui s'est abattue sur le marché de Kherson à la veille de Noël a fait au moins 10 morts et 55 blessés, dont 18 étaient dans un "état grave", selon un nouveau bilan publié samedi soir par le gouverneur de la région, Iaroslav Ianouchevitch. Aucun enfant ne fait partie des victimes, a-t-il précisé, après avoir affirmé dans la journée qu'une fillette de six ans avait été "emmenée à l'hôpital". Le gouverneur a également publié des photos du centre-ville après les bombardements russes. Les frappes ont notamment touché le marché central et les rues adjacentes, très fréquentées en ce Réveillon de Noël. Près du marché, un homme était grièvement blessé à la tête et sa voiture avait été soufflée par la puissance de l'explosion. Plusieurs autres blessés se trouvaient non loin. Comme a pu en témoigner l'AFP, des flammes s'élevaient du marché, lieu fréquenté samedi matin et situé en plein cœur de Kherson. En tout, "66 voitures ont brûlé" dans la frappe, selon les secours.
La "vraie vie des Ukrainiens". Sous contrôle ukrainien depuis le 11 novembre après huit mois d'occupation, Kherson est la cible régulière de frappes russes. Une "vengeance sur les habitants qui ont résisté à l'occupation et ont prouvé au monde entier que Kherson est l'Ukraine", comme l'a écrit sur Twitter, le ministre de la Défense ukrainienne, dénonçant un "crime de guerre", qui visait les civils. Volodymyr Zelensky a, pour sa part, accusé Moscou de "terrorisme". "Le matin, le samedi, à la veille de Noël, dans le centre-ville. Ce ne sont pas des installations militaires. Ce n'est pas une guerre selon les règles définies. C'est la terreur, c'est tuer pour intimider et (prendre) du plaisir", a fustigé le président ukrainien sur Twitter. "C'est la vraie vie de l'Ukraine et des Ukrainiens."
Les images venues de Kherson détonnent avec la période de fêtes qui s'ouvre dans le reste de l'Europe. Pour rappeler que la Russie ne laisse aucun répit à l'Ukraine, le ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a demandé sur Twitter, à l'heure où "des familles en Europe, en Amérique du Nord et au-delà préparent des dîners festifs" d'avoir "une pensée pour l'Ukraine qui combat le mal en ce moment".
Le ministre des Armées françaises à Kiev. "L'Ukraine pourra prévenir de telles tragédies si elle dispose de plus de moyens de contre-offensive, de plus d'artillerie et de plus de munitions à longue portée. Ainsi, les meurtriers russes seront punis et chassés d'Ukraine", a ajouté Oleksii Reznikov en réaction aux frappes russes sur Kherson. Un message qu'il voudra certainement faire passer à Sébastien Lecornu dans quelques jours. Le ministre des Armées se rendra en Ukraine le 28 décembre pour "témoigner aux autorités ukrainiennes le soutien continu de la France depuis le début de la guerre le 24 février dernier". Le ministre rendra notamment hommage aux morts au monument des Héros à Kiev et rencontrera son homologue ukrainien, Oleksiy Reznikov, d'après nos informations.
La Russie nie. L'armée russe n'a...
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