Fusillade à Paris : la communauté kurde encore touchée, dix ans après un triple assassinat

LCI - 24/12
[VIDÉO] - Vendredi, un homme de 69 ans a ouvert le feu dans le Xe arrondissement de Paris. Trois militants kurdes ont été tués, à quelques jours du dixième anniversaire d'une autre fusillade contre cette communauté. Trois personnes avaient alors déjà perdu la vie.

Vendredi, un homme de 69 ans a ouvert le feu dans le Xe arrondissement de Paris.
Trois militants kurdes ont été tués, à quelques jours du dixième anniversaire d'une autre fusillade contre cette communauté.
Trois personnes avaient alors déjà perdu la vie.

Un drame qui réveille de mauvais souvenirs. Vendredi, peu avant la mi-journée à Paris, un retraité de 69 ans armé a ouvert le feu rue d'Enghien (Xe arrondissement), à proximité d'un centre kurde. Trois membres du Conseil démocratique kurde en France (CKDF) ont été tués, tandis que trois autres personnes ont été blessées. Une fusillade qui rappelle celle de 2013, à quelques rues de cette tuerie, lorsque trois militantes kurdes avaient déjà perdu la vie. La communauté s'apprêtait à commémorer ce triste dixième anniversaire.

Nous sommes le 9 janvier 2013. Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, 28 ans, et Leyla Saylemez, 24 ans, sont tuées de plusieurs balles dans la tête dans un appartement du Xe arrondissement de Paris, au 147 rue La Fayette, à peine un kilomètre au nord de la fusillade de vendredi. Le CDKF accuse depuis des années le service de renseignement turc (MIT) et le président Recep Tayyip Erdogan d'être derrière cet assassinat, perpétré, selon le CDKF, par un agent du MIT.

"Une répétition de l'histoire"

L'enquête en France avait relevé "l'implication" de membres des services secrets turcs dans ce triple assassinat, sans désigner de commanditaires. Des médias turcs avaient notamment diffusé un document présenté comme un "ordre de mission" du MIT pour Omer Güney. Seul suspect, cet homme de nationalité turque, arrêté en France, est mort fin 2016 en prison quelques semaines avant la tenue de son procès, éteignant l'action publique à son encontre.

Mais en mai 2019, un juge antiterroriste français a été chargé de reprendre l'enquête sur des complicités dans l'assassinat. Une information judiciaire a été ouverte pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Le MIT avait officiellement démenti toute implication en janvier 2014.

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Dix ans plus tard, la communauté kurde de France est à nouveau criblée de balles. "C'est une répétition de l'histoire", déplore ce samedi Agit Polat, porte-parole du CDKF, après une réunion avec le préfet de police Laurent Nunez. "Pour nous, ce sont des assassinats politiques orchestrés par la Turquie." Celui d'il y a dix ans "n'est pas élucidé, nous avons réitéré au préfet notre souhait que lumière soit faite".

I.N

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