Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°911, daté janvier 2023.
Murchison, 28 septembre 1969, 10h58 min. Dans ce village rural du sud de l'Australie, alors que la plupart des habitants se rendaient à l'église en cette matinée dominicale, ils virent surgir dans le ciel une boule de feu très lumineuse qui explosa peu après dans un fracas assourdissant et engendra une pluie de météorites. De couleur sombre et d'une masse totale avoisinant les 100 kg, des centaines de fragments furent récupérés sur le sol avant d'être transmis pour analyse à des laboratoires de recherche.
Plus de cinquante ans après, "la météorite de Murchison reste la plus étudiée au monde, en raison de sa masse importante, sa collecte rapide et des milliers de molécules organiques qu'on y a découvert comme des acides aminés, des acides gras ou encore des alcools ", indique Grégoire Danger, chimiste et astrobiologiste à l'institut Origines de l'Université Aix-Marseille. Et cette pierre céleste continue de fasciner les scientifiques. Car en avril 2022, des chercheurs de la Nasa et de l'Université de Hokkaïdo au Japon ont découvert qu'elle contenait également des traces d'adénine, de guanine, d'uracile, de thymine et de cytosine - une première pour ces deux derniers composés. Soit la totalité des "bases nucléiques" qui constituent les molécules d'ADN et d'ARN, support de l'information génétique chez tous les êtres vivants !
Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°911, daté janvier 2023.
Murchison, 28 septembre 1969, 10h58 min. Dans ce village rural du sud de l'Australie, alors que la plupart des habitants se rendaient à l'église en cette matinée dominicale, ils virent surgir dans le ciel une boule de feu très lumineuse qui explosa peu après dans un fracas assourdissant et engendra une pluie de météorites. De couleur sombre et d'une masse totale avoisinant les 100 kg, des centaines de fragments furent récupérés sur le sol avant d'être transmis pour analyse à des laboratoires de recherche.
Plus de cinquante ans après, "la météorite de Murchison reste la plus étudiée au monde, en raison de sa masse importante, sa collecte rapide et des milliers de molécules organiques qu'on y a découvert comme des acides aminés, des acides gras ou encore des alcools ", indique Grégoire Danger, chimiste et astrobiologiste à l'institut Origines de l'Université Aix-Marseille. Et cette pierre céleste continue de fasciner les scientifiques. Car en avril 2022, des chercheurs de la Nasa et de l'Université de Hokkaïdo au Japon ont découvert qu'elle contenait également des traces d'adénine, de guanine, d'uracile, de thymine et de cytosine - une première pour ces deux derniers composés. Soit la totalité des "bases nucléiques" qui constituent les molécules d'ADN et d'ARN, support de l'information génétique chez tous les êtres vivants !
"Cela ne signifie pas qu'un organisme pourrait se développer dans de tels objets extraterrestres, insiste Grégoire Danger. Mais c'est une preuve supplémentaire de ce qui apparaît comme de plus en plus évident : les molécules constitutives de la vie ont pu être fabriquées dans l'espace et délivrées sur la Terre primitive par des chutes de météorites. " Un constat que la mission japonaise Hayabusa-2 conforte elle aussi de manière éclatante.
Elle a en effet grappillé, à 280 millions de kilomètres de notre planète, 5,4 grammes de matériaux de l'astéroïde Ryugu avant de les rapatrier sur Terre il y a tout juste deux ans. Et les ...
[Courte citation de 8% de l'article original]