Fusillade à Paris : l'émotion et la colère de la communauté kurde

LCI - 23/12
[VIDÉO] - Une fusillade a fait au moins trois morts ce vendredi, rue d'Enghien, à Paris. Les victimes font partie de la communauté kurde de France. Quelques heures après le drame, des heurts ont éclaté à proximité de la scène de crime.

Une fusillade a fait au moins trois morts ce vendredi, rue d'Enghien, à Paris.
Les victimes font partie de la communauté kurde de France.
Quelques heures après le drame, des heurts ont éclaté à proximité de la scène de crime.

"Une attaque terroriste infâme." C'est par ces mots que le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a condamné ce vendredi "avec virulence" la fusillade qui s'est déroulée dans le 10e arrondissement de Paris. Une fusillade qui, selon un dernier bilan, a fait trois morts et trois blessés. Ce drame a chamboulé la communauté kurde française, dont certains membres ont manifesté avec colère dans les rues adjacentes à la scène de crime.

Aux abords de la rue d'Enghien, à quelques encablures de la porte Saint-Denis, l'émotion était vive. Des membres du centre culturel Ahmed Kaya étaient notamment en pleurs, se prenant dans les bras pour se consoler. Certains, s'adressant à la police, criaient "cela recommence, vous ne nous protégez pas, ils nous tuent". 

"Les Kurdes de France ont été la cible d’une odieuse attaque au cœur de Paris. Pensées aux victimes, aux personnes qui luttent pour vivre, à leurs familles et proches. Reconnaissance à nos forces de l’ordre pour leur courage et leur sang-froid", a publié sur Twitter Emmanuel Macron en début de soirée.

Des incidents ont éclaté en fin d'après-midi lorsque la foule s'est heurtée à un cordon de forces de l'ordre qui protégeait le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, venu sur place pour faire le point sur l'enquête et s'adresser aux journalistes. Les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes sur les manifestants, qui ont en retour lancé des projectiles dans leur direction, brûlé des poubelles et érigé des barricades dans la rue.

Déjà un attentat en 2013

Selon le CDK-F, l'attaque "intervient suite à de multiples menaces proférées par la Turquie, alliée de Daesh." En outre, "cet attentat terroriste survient également peu avant le 10e anniversaire du triple assassinat des militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013, des meurtres qui restent toujours impunis en raison du refus de la France de lever le secret-défense."

Il y a près de 10 ans, trois militantes étaient en effet tuées dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan à Paris. Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) - groupe classé comme "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux -, Fidan Dogan, 28 ans, et Leyla Saylemez 24 ans, avaient été tuées de plusieurs balles dans la tête. L'unique suspect de ce triple assassinat, le Turc Omer Güney, est mort d'un cancer en décembre 2016, à la veille de son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris. Mais les parties civiles ont obtenu en 2019 que soient relancées des investigations pour examiner l'implication potentielle des services de renseignement turcs. 

Une communauté de 250.000 personnes en France

Peu visible, la communauté kurde est bien implantée en France, forte d'environ 250.000 personnes. Les Kurdes de France sont principalement installés en région parisienne, mais aussi dans la région de Lyon et en Alsace. Autour de Strasbourg, la communauté kurde est assez nombreuse du fait de la proximité géographique avec les familles installées de l'autre côté de la frontière, en Allemagne, où ils sont environ 800.000 à vivre.

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