Dans le cadre de notre partenariat avec l’Académie des sciences, des académiciennes et académiciens analysent et apportent leur éclairage sur les grands enjeux du monde contemporain au travers de questions scientifiques qui font l’actualité.
Biologiste cellulaire, professeur honoraire à l’Institut Pasteur, directeur de recherche émérite au CNRS, directeur honoraire à l’Institut Curie, Daniel Louvard est membre de l’Académie des sciences. Parmi ses travaux fondateurs, ses recherches sur les cellules épithéliales du rein et de l’intestin ont permis de grandes avancées dans les approches diagnostiques et thérapeutiques de cancers digestifs.
Les statistiques datant de 2015 sur les cancers en France nous interpellent : 338500 nouveaux cas et 149500 décès par cancer, soit 44%, comparés à 90 % au début du XXe siècle. Les épidémiologistes du cancer ont montré que 30% des nouveaux cas pourraient être évités. Les campagnes d’information médiatisées et les dépistages (grâce aux progrès de l’imagerie médicale depuis 50 ans) expliquent en partie la diminution constante de la mortalité par cancer depuis 1990, malgré un accroissement régulier de l’espérance de vie. Certains cancers (sein, cancers pédiatriques) sont mieux guéris, tandis que pour d’autres les traitements sont beaucoup moins efficaces (poumon, pancréas…). Une meilleure prévention et des campagnes de dépistage précoces pourraient permettre d’éviter 50% des cancers. Mais il faudra tout de même inventer de nouveaux traitements pour la moitié des patients si l’on souhaite que la décroissance des cas de cancer se poursuive.
Jusqu’à récemment trois types de thérapies étaient disponibles. Dans la première moitié du XXe siècle, la chirurgie était la seule option, une minorité de patients pouvaient être guéris par la seule ablation chirurgicale de leur tumeur. La radiothérapie a commencé en 1895, lorsque Roentgen découvre les rayons X, puis s’est développée à partir de 1898 avec la découverte du radium par Pierre et Marie Curie et les premières radiothérapies chez l’homme en 1912 avec le docteur Regaud qui a rejoint le couple Curie dans ce qui va devenir l’Institut du radium à Paris. Seul un tiers environ de tous les cancers pouvait être déclaré en rémission par l’utilisation de ces deux approches thérapeutiques seules ou combinées . Au début du XXe siècle Paul Ehrlich développe des produits chimiques permettant de soigner les cancers. Dés 1990, grâce à la disponibilité de multiples agents chimio-thérapeutiques et hormonaux efficaces, à l’amélioration des diagnostics précoces et aux essais cliniques intelligemment conçus, le taux de mortalité par cancer a commencé à baisser. Cependant on ne peut ignorer les effets secondaires de la chimiothérapie qui altèrent la qualité et l’espérance de vie.
Le Général de Gaulle créa par ordonnance en 1945 les Centres de Lutte Contre les Cancers (CLCC) qui poursuivent de nos jours leur mission de soins, de recherche et d’enseignement. Il y a maintenant 18 CLCC repartis dans toutes les régions de France. Le premier Plan cancer, initié par le Président Jacques Chirac au début des années 2000, a doté la France d’un Institut national du cancer (INc...
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