Vers une nouvelle flambée des prix en 2023 ? Après une hausse des prix mesurée à 6,2% en 2022, l'inflation devrait s'établir à 7% l'année prochaine, d'après les chiffres communiqués par l'Insee dans sa note de conjoncture publiée jeudi 15 décembre. Selon les projections de la Banque de France, rendues publiques deux jours plus tard, le 17 décembre, elle atteindrait un pic au premier semestre, avant un reflux, à 4%, pour la fin de l'année. Des prévisions que met en doute Michel-Édouard Leclerc, qui s'attend à une inflation beaucoup plus forte pour les mois à venir. "Je suis inquiet, doublement inquiet", assure-t-il.
"Je vois que tous les tarifs qu'on nous demande de négocier aujourd'hui sont à deux chiffres. Ils sont au-dessus de 10%", alerte le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, invité de Julien Arnaud sur LCI, jeudi 22 décembre. "Par rapport au discours public qu'on entend (...) qui prévoit un pic de 4-5% au milieu de l'année, pour le moment, toutes les hausses, qui portent à peu près sur 65% de notre chiffre d'affaires, prévisibles et par contrats, sont entre 10 et 39%. Même si on est forts, même si on négocie avec discernement, je ne sais pas si on va baisser ça au moins de moitié. Même si on baisse de moitié, on n'arrive pas à ce taux-là. Je crains que tout le premier semestre 2023, nous vivions encore une période d'inflation très élevée."
Des élus prennent le parti de l'inflation
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc
"Ce qui me laisse perplexe, c'est de voir des élus, des leaders publics, prendre le parti de l'inflation", s'étonne le patron de la première enseigne de grande distribution en France. "Il y a actuellement des députés, et c'est transcourant, qui sans doute pour aller chercher des voix rurales, dans leurs circonscriptions, présentent des propositions de lois pour qu'il y ait automaticité de hausses (des prix) de tout le secteur industriel. Et le pire, c'est que c'est signé par le syndicat des entreprises multinationales."
"On comprend que, pour les petites entreprises, on fait des efforts. Mais là, on parle de boîtes comme Nestlé, Mars, Mondelez ou United Biscuits, des boites qui ont donné des 20% de dividendes l'année dernière sur la base de hausses", déplore-t-il. "Les propositions de loi qui se revendiquent de ces voix sont portés par des députés à la fois Renaissance, LR, etc. Je me demande ce que les Nupes vont pouvoir bien accepter de cette idée selon laquelle je dois passer toutes les hausses de Nestlé et de Mars, alors qu'ils n'ont pas leur siège en France, ne paient pas leurs impôts en France et n'ont forcément des produits français."
"La société française est parcourue par des lobbies et des demandes corporatistes qui sont incroyables. Le lobby des grandes entreprises multinationales, qui paie déjà très peu en France, voudrait que les Français prennent un maximum de hausses", dénonce Michel-Édouard Leclerc, expliquant savoir que "Bercy n'est favorable à ça". "Je ne trouve pas ça correct. Et en plus ce sont les mêmes qui disent après : 'Vous ferez un chèque alimentaire sur fond public.' C'e...
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