Toujours plus gros, plus beaux, plus nombreux... Chaque année, beaucoup de parents se mettent la pression pour offrir un Noël inoubliable à leurs enfants. Certains sont même prêts à en arriver aux mains pour arracher la dernière console de jeu disponible en rayon, quand d'autres font tous les magasins de jouets à 50 km à la ronde pour trouver une licorne en rupture de stock.
Et que dire quand les familles sont recomposées ? Avec le Noël chez papa, chez maman, avec les beaux-parents, grands-parents, parents de beaux-parents, ça fait un paquet de cadeaux. "Sans compter l'envie de surenchère, plus ou moins consciente, pour compenser l'absence ou quand la rivalité est trop grande entre les parents. Une pulsion contre laquelle il faut à tout prix lutter", prévient auprès de TF1info la pédopsychiatre Béatrice Copper-Royer, spécialiste de l'enfance et de l'adolescence. "Il faut notamment arrêter de se dire que l'enfant préférera le parent qui fera le cadeau le plus cher. Ça n'a évidemment rien à voir".
Couvrir ses enfants de cadeaux ? C'est juste être dans la satisfaction d'un désir.
Béatrice Copper-Royer, pédopsychiatre
"Dans un monde où les liens sont devenus fragiles, les enfants sont au cœur de l'univers affectif de leurs parents", poursuit la pédopsychiatre. "Ces derniers ont un vrai besoin d’être aimés par eux. Du coup, ils veulent absolument les combler et les rendre heureux. Offrir des cadeaux, c’est l’assurance de recevoir, en retour, de la reconnaissance et des gratifications, et d’être réconfortés par leur regard émerveillé".
Mais faut-il pour autant transformer leur chambre en magasin de jouets ? À l'image de cette mère de famille britannique qui avait fait le buzz il y a quelques années après avoir publié sur Facebook une photo de son sapin de Noël enseveli sous les cadeaux. Et pour cause, le 25 décembre, ses trois enfants avaient reçu pas moins de 300 cadeaux pour une valeur totale de 2000 € !
Accusée de vouloir acheter leur affection, la jeune femme s'était ensuite expliquée dans une interview au Daily Mail : "On peut offrir 2 ou 200 cadeaux à ses enfants, c'est la manière dont on les donne qui compte. Mes enfants savent faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal. Ils ne sont pas gâtés tout au long de l'année et nous ne partons jamais pour des vacances hors de prix", s'était-elle justifiée auprès du tabloïd.
Une attitude qui apparaît tout de même bien excessive, comme le souligne Béatrice Copper-Royer : "Cela n'a pas de sens. On est dans la démesure. C'est une façon pour cette maman de montrer que ses enfants sont tout pour elle, et en retour elle est tout pour eux. C'est juste être dans la satisfaction d'un désir".
Gâter oui, mais avec raison donc. Ainsi, pas question d'offrir toute la liste de jouets à ses rejetons. "Elle ne doit représenter que des souhaits, en tout cas ça doit être expliqué comme cela. D'autant que ça aménage une part de surprise, ce qui est plutôt réjouissant, sinon il n'y a plus du tout de magie", commente la thérapeute. "Aux parents ensuite de faire leur choix en fonction de leur budget. Et s'il y a moins de cadeaux à Noël, on explique pourquoi, notamment aux plus grands, en leur indiquant l'importance des priorités : on leur dit par exemple que parfois on peut être dans le superflu et parfois ce n'est pas possible, parce qu'il y a des travaux à faire, un déménagement, des factures à payer..."
"Pour les plus petits, il faut leur dire que c'est le Père Noël qui choisit", poursuit la spécialiste de l'enfance....
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