Le Parlement européen connait des heures douloureuses avec le "Qatargate", ces soupçons de corruption de plusieurs élus par l’émirat qatari. Et selon Jean-Luc Mélenchon, ces révélations ne doivent rien au hasard. Non, elles auraient été rendues possibles par Manon Aubry, eurodéputée membre de LFI et coprésidente du groupe de la Gauche au Parlement européen.
"Je sais qui a permis de révéler le scandale de corruption par le Qatar au sein de l’Union Européenne : c’est Manon Aubry. Vous pouvez être fiers d’avoir des insoumis et des insoumises comme elle qui font vivre notre idée de l’Europe", a notamment déclaré l’ancien candidat à la présidentielle au cours d’un meeting contre la réforme des retraites, vendredi 16 décembre à Saint-Etienne. Selon lui, le rôle de l’élue a été déterminant dans la récente affaire qui a éclaté à Bruxelles et les arrestations qui ont suivi.
Le 11 décembre sur Twitter, Manon Aubry est revenue longuement sur ces soupçons de corruption qui éclaboussent le Parlement européen. En réalité, l’eurodéputée s’est personnellement engagée pour qu’une résolution sur les violations des droits humains au Qatar soit bien votée dans l’hémicycle. Elle explique avoir constaté le blocage de certains groupes, comme celui des socialistes. Le texte sera finalement voté le 21 novembre. Avant les reprises dans la presse de l’arrestation de la vice-présidente Eva Kaili, de son époux et de deux autres personnes proches des institutions européennes, l’élue de gauche a partagé ses doutes sur une possible ingérence de Doha au Parlement.
Le 24 novembre, Manon Aubry décide donc de se filmer à son bureau de Bruxelles et de revenir sur les coulisses de ces négociations ayant abouti au texte final. Dans une vidéo intitulée "Scandale : le Qatar a-t-il infiltré les négociations ?", elle raconte pendant six minutes les barrages de certains eurodéputés lors de discussions autour d’amendements. Et notamment la remise en cause des 6500 morts sur les chantiers de la Coupe du monde, chiffre relayé par le Guardian et qui ne traduit surement qu’un pan de la réalité comme nous le détaillions ici. "Vous avez des députés ici qui viennent porter la bonne parole du Qatar et qui disent ‘mais non, il n’y a eu que 37 morts', ce qui est le nombre officiel de morts déclarés par le Qatar", dénonce entre autres choses l’élue européenne.
Si Manon Aubry a remis publiquement en question les positions affichées par certains de ses collègues à Bruxelles, c’est bel et bien la police belge qui a permis les premiers dénouements de cette affaire de corruption déjà hors norme. Et en particulier les services de renseignement belges, la Sûreté de l’État. Comme le révèlent les journaux Le So...
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