Comment finissent les dictateurs

François-Guillaume Lorrain - LePoint - 19/12
Qu’elle soit lente (Franco, Pinochet…) ou violente (Mussolini, Saddam, Kadhafi…), la mort d’un tyran laisse, pour longtemps, l’empreinte traumatisante du mal.

Qui d'entre nous n'a pas songé depuis quelques mois, avec espoir, à la disparition de Vladimir Poutine ? Avouons-le : dans un coin de notre tête, nous avons tous élaboré notre petit scénario. Le maître du Kremlin a de nombreux prédécesseurs. Étrange coïncidence : quand l'humanité s'est habituée à la démocratie, elle a découvert son envers, les dictateurs. Quand elle a décrété la mort de Dieu, ces autres dieux ont envahi le monde.

Est-ce un hasard ? Dieux autoproclamés, ils ont surgi pour être à leur tour renversés, supprimés, enfermés, jugés, quand ils ne choisissaient pas le suicide ou n'étaient pas chassés. S'y rejoue la même scène anthropologique de mise à mort du chef par la tribu, ou par quelques sous-chefs, qui se libèrent des sévices endurés, des humiliations subies comme de l'admiration servile que le tyran avait suscitée. Le sacrifice de la « Bête », terme dont Mario Vargas Llosa désigne Trujillo, l'homme fort de Saint-Domingue, criblé de balles dans La Fête au Bouc.

Ceci est leur corps. On associe les dictateurs à la terreur. On les croit forts, ils sont faibles. On les pense invincibles, le...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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