Que dit la méthode Jaurès à la gauche aujourd’hui ? La question peut paraître audacieuse dans le contexte actuel. Un contexte nouveau comme le décrit Patrick Le Hyaric, directeur des éditions du Futur, « où le capitalisme génère la dé-civilisation et où les peuples, à la recherche de solutions pour vivre mieux et autrement, se tournent trop souvent vers le pire ».
Heureusement, des lueurs percent sur ce sombre tableau. Celles qu’apportent les mouvements de jeunes pour le climat, des femmes, des pacifistes et des précaires ubérisés qui se syndiquent. « Un sujet de solidarité internationaliste comme aimait à le traiter Jean Jaurès », commente l’ancien député européen, soulignant combien « ces mouvements contre le capitalisme et les systèmes de domination sont d’une portée considérable, dans un monde en pleines convulsions, miné par les inégalités, secoué par une multitude d’insécurités sanitaires, alimentaires, environnementales, sociales ».
Dans un tel paysage contrasté de chaos et d’espoir, comment la gauche, aujourd’hui affaiblie, peut-elle et doit-elle faire ? Comment la méthode Jaurès et les leçons du congrès de 1908 de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) peuvent-elles l’inspirer pour rendre les idées et les valeurs de gauche majoritaires ? D’emblée, les mots de bienvenue de Georges Méric, président du conseil départemental de Haute-Garonne, ont donné le ton : « Jaurès est un phare qui montre le chemin. » L’élu socialiste a affirmé, offensif, « la pensée de Jaurès, qui place l’humain au centre du projet républicain, encourage les femmes et les hommes de gauche à renforcer le rassemblement et à construire une société solidaire et citoyenne ».
Si le contexte de 2022 paraît difficile, celui de 1908 n’était pas plus propice à conforter une unité des socialistes scellée administrativement au congrès de 1905 à Paris, et mise à ma...
[Courte citation de 8% de l'article original]