C'est maintenant une vérité historique indiscutable qu'Eleftherios Venizelos, avec son éthos politique de premier plan et son prestige international emblématique, a joué un rôle de catalyseur, littéralement, en termes de formulation et de conclusion finale du Traité de Lausanne, participant à la Conférence de Lausanne entre 1922 et 1923.
Dans son discours, l'ancien président de la République, membre titulaire de l'Académie d'Athènes et professeur honoraire de la faculté de droit de l'EKPA, Prokopios Pavlopoulos, a évoqué ce rôle de catalyseur.
L'allocution a été prononcée dans le cadre de la Conférence internationale sur le thème : "De Sèvres à Lausanne" organisée conjointement par la Fondation du Parlement hellénique pour le parlementarisme et la démocratie et la Fondation nationale de recherche et d'études "Eleftherios Venizelos".
A. Alors que nos blessures nationales de la Catastrophe d'Asie Mineure et de l'horrible Génocide de l'Hellénisme d'Asie Mineure continuent de "disparaître", la direction de trois membres du Comité Révolutionnaire - qui, entre-temps, avait pris en charge les destinées de la Terre dans des conditions d'urgence - qui se composait des colonels Nikolaos Plastiras et Stylianos Gonatas et du lieutenant-commandant Dimitrios Fokas, s'adressa à Eleftherios Venizelos, alors à Paris. Laissant de côté l'amère expérience d'un passé très récent, en tant qu'authentique Tage politique et véritable patriote "recruté" dans des conditions extrêmement critiques, le triomphant du traité de Sèvres du 10 août 1920 et un façonneur essentiel de, selon elle, la "Grèce des deux continents et des cinq mers" a accepté, sans réserve, de s'acquitter à nouveau de sa Dette Nationale pour la "réintégration" de la Patrie qui s'effondre. Sans illusions, mais avec le réalisme fier et sans prétention d'un grand chef, Eleftherios Venizelos est venu à la tête de la délégation grecque à la Conférence de Lausanne pour sauver ce qui était possible de "l'édifice" croulant, autrefois brillant, du traité de Sèvres.
B. Tout au long de la Conférence de Lausanne, du 1er novembre 1922 au 24 juillet 1923, Eleftherios Venizelos "déploya", avec un grand retentissement international, son prestige, ses connaissances et surtout ses expériences sur tous les "fronts ouverts" de la Grèce. En mettant l'accent sur les questions de nos frontières, les îles de la mer Égée, la protection efficace du patriarcat, la réfutation des revendications turques irréalistes concernant les réparations de guerre et la détermination globale du statut juridique des minorités en Grèce et en Turquie respectivement. Si le succès d'Eleftherios Venizelos était, dans les circonstances tragiques de l'époque, évident, il évita tout triomphalisme, pleinement conscient que le "calvaire" n'était pas terminé pour la Patrie. Il est révélateur qu'immédiatement après la signature du Traité de Lausanne, le 24 juillet 1923, entre la Grèce, la Turquie et les Alliés, Eleftherios Venizelos ait télégraphié à Nikolaos Plastiras et Stylianos Gonatas : « Je suis heureux de vous annoncer qu'aujourd'hui, après midi, dans la grande salle de l'Université de Lausanne, le Traité de Paix a été signé après toutes les conventions, déclarations et protocoles y afférents. Ce traité, conclu après le désastre d'Asie Mineure, ne signifie pas, malheureusement, un triomphe grec. Mais la Révolution peut s'enorgueillir qu'une Armée Nationale réorganisée ait donné les moyens à sa Délégation d'aboutir à la conclusion d'une paix honnête, qui permette à la Grèce de se remettre aux oeuvres de paix et de se consacrer au travail de réflexion intérieure."
I. Les dispositions du Traité de Lausanne concernant les minorités en Grèce et en Turquie
Une analyse plus approfondie portera principalement sur la question des minorités à l'intérieur des frontières de la Grèce et de la Turquie, conformément aux dispositions du traité de Lausanne. Et à ce stade, il est précisé, dès le début, que la réalisation la plus importante d'Eleftherios Venizelos était ces règlements du Traité de Lausanne, qui déterminent que la minorité en Grèce est religieuse, c'est-à-dire musulmane, tandis que la minorité en Turquie est nationale. , c'est-à-dire grec. Et étant donné que, comme la Grèce - et pas seulement - l'a dit urbi et orbi, de par sa nature même juridique, le traité de Lausanne n'est ni abrogé ni révisé, il est en outre conclu, clairement, que ses dispositions s'appliquent et s'appliqueront, en plein, entre les parties contractantes, donc aussi contre la Turquie. Et cette validité continue et ininterrompue du traité de Lausanne permet, à tout moment, de juger et de comparer, respectivement, la position de la Grèce ainsi que la position de la Turquie quant à sa mise en œuvre, depuis le début de sa force jusqu'à aujourd'hui.
A. La Convention du 30 janvier 1923 sur l'échange des populations grecques et turques et ses conséquences juridiques en matière de minorités
Le Traité de Lausanne a été précédé, toujours dans le cadre de la Conférence de Lausanne susmentionnée, par la Convention sur l'échange des populations grecques et turques - après le Protocole correspondant - qui a été signée, entre le Gouvernement grec et la Gran...
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