Les rêves bleus de Macron

Mathilde Siraud - LePoint - 16/12
LETTRE DU PALAIS. Le chef de l’État jubile à l’idée d’être le premier président de la République à vivre un deuxième sacre de l’équipe de France de football. Comme s’il s’agissait du sien.

« Le 18 décembre, le car descendra lentement, cette fois-ci, des Champs-Élysées. » Emmanuel Macron en a fait la promesse, dans le documentaire « Les Bleus et l'Élysée » du journaliste Mohamed Bouhafsi. Les joueurs de l'équipe de France, s'ils l'emportent dimanche face à l'Argentine, ne seront probablement pas de retour à Paris avant lundi. Mais qu'importe, le message est clair : en cas de troisième sacre des Bleus au Mondial de football de Doha, le président ne se laissera pas voler la victoire ni gâcher la fête. À l'été 2018, on s'en souvient, les célébrations post-victoire de la Coupe du monde en Russie avaient tourné court.

Rassemblés par milliers le long de la plus célèbre avenue du monde, les supporteurs de l'équipe de France venus féliciter leurs champions, tenus à l'écart, étaient rentrés bredouilles, n'ayant pu apercevoir que le toit du bus à impériale, filant à toute vitesse. « Ça m'a agacé que ça se passe comme ça […] Ce n'est pas ma pomme, je comprends ce qu'ont ressenti les gens et c'est pas bien », explique-t-il, toujours dans « Les Bleus et l'Élysée ». À l'époque, Alexandre Benalla est toujours chargé de mission à l'Élysée, il supervise les festivités post-victoire et se voit reprocher cet affront fait à la liesse populaire. L'affaire qui porte son nom, celle des violences Place de la Contrescarpe, éclate trois jours plus tard, privant définitivement le chef de l'État de tout ...
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