Du coup de force de Kaïs Saïed aux législatives, comment la Tunisie s'est enlisée dans la crise

France24 - 15/12
Les Tunisiens sont appelés, samedi, à renouveler l'Assemblée des représentants du peuple, alors que leur pays est englué dans une grave crise économique et politique. Pour comprendre ce qui joue lors…
Publicité
Lire la suite

Les Tunisiens élisent, samedi 17 décembre, un Parlement dénué de réels pouvoirs lors d'un scrutin législatif boycotté par l'opposition après des mois de blocages politiques. Le président Kaïs Saïed, qui s’est emparé des pleins pouvoirs en juillet 2021, a multiplié les apparitions ces derniers jours, rassurant les commerçants de la médina de Tunis ou inaugurant des infrastructures. La population, elle, se dit davantage préoccupée par les pénuries récurrentes de lait, riz ou sucre, et par l'inflation dans une Tunisie engluée dans une crise économique aggravée par le Covid-19 puis par la guerre en Ukraine.

L'un des enjeux du scrutin de samedi sera la participation, attendue comme très faible par les experts dans un pays qui compte près de 12 millions d'habitants – dont plus de 9 millions d'inscrits. Des jeunes ont récemment confié à l'AFP ne pas se sentir concernés par un scrutin qui va élire un "Parlement marionnette", marginalisé par le système hyper-présidentialiste mis en place au fil des mois par le chef de l'État.

  • Le Président tunisien Kaïs Saïed s'arroge les pleins pouvoirs

Le soir de la Fête de la République, le 25 juillet 2021, après une journée de manifestation des Tunisiens contre leurs dirigeants, le président tunisien, engagé depuis des mois dans un bras de fer avec le parti islamiste Ennahda, invoque l'article 80 de la Constitution qui envisage des mesures exceptionnelles en cas de "péril imminent" à la sécurité nationale.

Kaïs Saïed révoque les ministres du gouvernement d'Hichem Mechichi, limoge le ministre de la Défense ainsi que le chef du gouvernement. Il annonce également la suspension de l'Assemblée et la levée de l'immunité des parlementaires, la formation d'un nouveau gouvernement et sa décision de gouverner par décret.

Le président tunisien décidé également d’étendre son pouvoir sur le système judiciaire.

Des affrontements éclatent devant le Parlement tunisien et l'armée est déployée dans le palais...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...