Tout part d'un petit aigle en argent. Que l'on s'arrache dans une fameuse salle des ventes aux enchères parisienne. L'un de ceux que Napoléon, irrité du reproche absurde qu'on lui faisait de mener une vie dispendieuse dans son fatal exil à Sainte-Hélène, récupéra de la vente de sa vaisselle personnelle. Rien qu'un cabochon de soupière… Mais qui existe bel et bien, conservé comme une précieuse relique dans la famille du maréchal Murat depuis le 13 octobre 1815, jour où Murat, le beau-frère de Napoléon, perd la vie en voulant reconquérir Naples, dont l'auteur, Alexandre Murat, primo-romancier, est le descendant direct. Voilà comment un trésor familial donne un livre. Comment un authentique événement, un détail de l'Histoire ayant façonné l'Europe, infuse dans un thriller historico-ésotérique planétaire à la Dan Brown. On lit alors Aranea comme un « Da Vinci Bonaparte », où se croisent, contre toute vraisemblance – mais rien n'est impossible pour qui a de l'imagination –, un marchand vénézuélien véreux, le FBI, un milliardaire américain et un duo d'enquêteurs, formé par Alex et Mary, tous fascinés, comme le lecteur, par la grandeur de l'Empire.
Aranea, d'Alexandre Murat (Fleuve noir, 368 p., 20,90€).
L'extrait qui tue : Paris, 28 novembre 2018. Salle des ventes de Christie's, 18 h 50. L'agitation était palpable au siège de la célèbre maison Christie's à Paris, avenue Matignon. Dix minutes plus tard allait commencer la vente aux enchères de l'année, intitulée sobrement « Exceptional Sale ». Ni plus ni moins qu'une sélection minutieuse, rigoureuse et sans concession des objets les plus rares, les plus précieux et, par conséquent, les plus convoités du moment. Chaque année, la vente concentrait l'attention des acheteurs les plus exigeants, mais aussi les plus capricieux, du monde entier. Pendant quelques heures, ils vivaient au rythme des enchères, de...
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