«Dans ma famille, on est un peu tous abonnés aux antidépresseurs.» Cette phrase, si Clémentine la prononce naturellement, en souriant, pleine de recul, c'est que ses deux parents sont dépressifs et qu'elle-même a vécu une grave dépression lorsqu'elle avait 19 ans.
Des cas comme le sien, il en existe beaucoup. Une personne sur cinq souffre de dépression au cours de sa vie, selon la Fondation Pierre Deniker, c'est-à-dire de «la concomitance de plusieurs symptômes qui s'installent dans la durée (au moins quinze jours) ou qui ont un retentissement sur le quotidien», précise la psychiatre et chercheuse Astrid Chevance dans l'ouvrage En finir avec les idées fausses sur la psychiatrie et la santé mentale (Les Éditions de l'Atelier, 2022).
«L'épisode dépressif caractérisé (terme psychiatrique désignant la dépression) affecte l'humeur (tristesse ou irritabilité permanente, anhédonie, c'est-à-dire peine à ressentir le plaisir, pessimisme généralisé), les fonctions cognitives (troubles de la concentration, de la mémoire, de la motivation) et les fonctions dites instinctuelles (appétit, sommeil, libido)», peut-on y lire.
Systématiquement, les personnes qui font le choi...
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