Comment RTE a réprimé la grève du printemps

Humanite - 11/12
Dialogue social Au moment où le président de l’entreprise qui apporte l’électricité dans nos foyers donne la météo du courant chaque jour à la télé, l’Humanité revient sur la mobilisation qui avait fait l’objet d’une sévère répression.

En ces temps d’incertitude où l’on s’inquiète de la perspective d’une pénurie d’électricité cet hiver, Xavier Piechaczyk est omniprésent. Dans les studios des matinales des grandes radios nationales, le président de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, s’efforce de rassurer les auditeurs. Mais nul ne l’interroge sur la grève lancée fin novembre par la CGT, qui réclame des hausses de salaire. Ni, a fortiori, sur les conditions dans lesquelles s’est déployé le mouvement social précédent, qui a duré de fin février jusqu’au mois de juin et laisse un sombre souvenir. Et pour cause : non seulement les revendications des employés, qui portaient déjà sur des augmentations, n’ont pas été satisfaites, mais les grévistes, régulièrement délogés par les CRS, ont fait l’objet d’une sévère répression, dans un climat social délétère, selon de nouveaux éléments révélés par l’Humanité.

Une partie de l’histoire se déroule dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. C’est ici, entre les murs de ce bâtiment plus accoutumé aux cas d’antiterrorisme ou de contre-espionnage qu’aux conflits sociaux, qu’ont été entendus, après leur arrestation à leur domicile le 4 octobre, quatre salariés trentenaires de RTE travaillant à Valenciennes (Nord). L’un d’entre eux est membre de la CFDT, les trois autres ne sont alors pas syndiqués (ils ont depuis adhéré à la CGT). Leur garde à vue durera quatre-vingt-seize heures – une éte...
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