Ce à quoi ne croient pas les complotistes est beaucoup plus important que ce à quoi ils croient et voilà pourquoi

Atlantico - 15/05
Le doute généralisé qui mine nos sociétés en pleine crise de défiance s’alimente de biais cognitifs bien connus. Mais auxquels nous nous intéressons malheureusement beaucoup trop peu, alors même qu’ils nous affectent tous.

Atlantico : Dans nos sociétés actuelles en pleine crise de défiance, le doute généralisé semble se propager de plus en plus. Les théoriciens du complot peuvent s’exprimer librement sur la toile et les occasions de douter sont légion, avec les doutes sur les vaccins, la pandémie de la Covid-19 ou durant la présidence de Trump. Néanmoins, la ligne entre doute excessif et croyance aussi excessive est-elle importante ? 

Jean-Paul Mialet : Permettez-moi une remarque préliminaire : TOUT peut s’exprimer librement sur la toile. La conversation du café du commerce était autrefois limitée à quelques interlocuteurs, et pour accéder à des moyens de diffusions plus larges, il fallait passer par des filtres. Aujourd’hui, ce qui passe par la tête de chacun peut être répercuté dans un espace illimité, et avec l’autorité de la chose écrite. Si l’on ajoute que n’étant même plus confronté aux réactions du face à face, chacun peut prendre ses pensées pour des réalités, on admettra que le discernement devient aujourd’hui une vertu cardinale.

Or on sait depuis toujours que le discernement est une perle rare. Cette faculté de distinguer la vérité de l’erreur est la plupart du temps obscurcie par la confusion. Comment ne s’appauvrirait-elle pas dans une époque qui a fait de la confusion son cheval de bataille ? Si le discernement est la capaci...
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