Un cocktail explosif. Tous les ingrédients sont réunis pour faire descendre le peuple dans la rue, prévient Antoine Léaument. Le député (LFI) de l'Essonne alerte sur un climat social très dégradé et une colère grandissante dans le pays, aggravés par un gouvernement en majorité relative à l'Assemblée qui n'en fait qu'à sa tête et passe en force sur certains projets de loi. Il s'explique également sur la stratégie des Insoumis face au Rassemblement national, après le retrait de leur texte sur la réintégration des soignants non vaccinés, repris dans la niche parlementaire de leurs adversaires. Faut-il s'opposer à tout prix, même quand le combat est commun ?
Antoine Léaument évoque aussi les congrès chez ses partenaires de gauche – ce samedi 10 décembre pour EELV, fin janvier pour le PS –, décisifs pour l'avenir de la Nupes. L'alliance de gauche doit se poursuivre, estime-t-il : c'est le seul moyen d'exister face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pas de congrès pour LFI en revanche, qui préfère nommer, ce samedi, ses cadres sans vote interne. L'ancien responsable des réseaux sociaux de Jean-Luc Mélenchon défend ce modèle à part qui a fait la force du mouvement, loin des motions qui mènent à la division et aux guerres intestines. Entretien.
À LIRE AUSSIÀ l'Assemblée nationale, la Nupes se lézarde mais tient
Le Point : Élisabeth Borne a déclenché une nouvelle fois le 49.3, vous ripostez avec une motion de censure… Jusque-là, aucune n'a été votée, et même vos partenaires de la Nupes ne les signent plus à chaque fois. Pourquoi continuer sur cette stratégie ?
Antoine Léaument : C'est la Première ministre qui a choisi de gouverner le pays en utilisant le 49.3. Nous déposons des motions de censure pour empêcher la banalisation de son utilisation. Il ne faut pas que le 49.3 devienne un outil dès qu'on est bloqué sur un texte. Et encore moins quand il s'agit du projet de loi de finances et du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, qui sont les deux textes majeurs qui orientent la vie économique et politique de notre pays pour l'année suivante. Ne pas avoir un vote sur ces textes pose un gros problème démocratique. Élisabeth Borne gouverne avec une minorité parlementaire. Nos motions de censure témoignent que nous sommes prêts à entrer en combat avec ce gouvernement de manière résolue. Certains le sont moins, notamment Les Républicains, qui, pour l'instant, laissent faire.
Vos alliés de la Nupes ne vous suivent plus systématiquement et craignent de banaliser la motion de censure…
Quel autre outil avons-nous ? Pour s'opposer à l'utilisation d'un 49.3, c'est tout ce que nous donne la Constitution. Nous n'avons pas d'autre choix, en réalité. Sans cela, le texte est adopté, et nous ne pouvons pas dire ce qu'il contient. Le 49.3 est un empêcheur de débattre. Élisabeth Borne en fait d'ailleurs une utilisation particulièrement antidémocratique puisqu'elle l'utilise pour ...
[Courte citation de 8% de l'article original]