Les maîtres du temps. Ces dernières années, les Croates sont devenus une nation majeure du football européen et mondial. Malgré un réservoir réduit (le pays ne compte que 3,90 millions d'habitants), les Vatreni font preuve d'une régularité remarquable. Depuis 2016, ils sont systématiquement sortis des poules des grandes compétitions qu'ils ont disputées. Mieux, ils ont atteint la première finale de leur histoire, lors de la Coupe du monde 2018 en Russie.
Et ils semblent repartis pour briller au Qatar. Relativement sereins au premier tour, malgré quelques sueurs froides contre la Belgique (0-0), ils ont mis fin au parcours surprenant du Japon, en huitièmes de finale. Ils ont, pour cela, dû aller jusqu'aux tirs au but (1-1, 3-1 tab). Presque une habitude pour les joueurs de Zlatko Dalic.
Souvent peu flamboyants mais terriblement solides défensivement, ils ont trouvé la bonne formule. Cela explique que la plupart de leurs derniers matchs couperets étaient très serrés. Fréquemment même, les Croates et leurs adversaires ne sont pas parvenus à se départager à l'issue des 90 minutes de temps réglementaire. Ainsi, relève Opta, sept des huit dernières rencontres de la Croatie en phase à élimination directe, à la Coupe du Monde et à l'Euro, sont allées en prolongation.
Ce format convient particulièrement bien aux coéquipiers d'Ivan Perisic, décisifs contre les Nippons, qui excellent d'autant plus lorsque le match s'étire dans la durée. Quatre ans plus tôt, ils avaient ainsi dompté le Danemark (1-1, 3-2 tab), la Russie (2-2, 4-3 tab) et l'Angleterre (2-1, a.p) à l'issue de 120 minutes de jeu. Malheureusement pour eux, le seul duel qu'ils n'ont pas réussi à emmener au-delà de l'heure et demie initiale a été perdu. Il s'agit de la finale du Mondial 2018, contre la France (2-4). On se souvient aussi du huitième de finale épique contre l'Espagne, lors du dernier euro, finalement perdu sur le gong (3-5, a.p).
Si la confrontation contre le Brésil en quarts de finale (ce vendredi, 16h, en live commenté sur TF1info) semble déséquilibré sur le papier, nul doute que les Croates ont les armes pour se montrer accrocheurs. Et pourquoi pas, faire (encore) durer le plaisir. "Ils sont toujours favoris, et ce que j'ai vu me conforte dans cette opinion", a reconnu Luka Modric. "Mais nous ne devons pas nous satisfaire d'atteindre les quarts de finale. Nous jouerons notre football, nous n'épargnerons aucun effort pour représenter notre pays de la meilleure façon", annonce-t-il.
D'ailleurs, le capitaine croate, qui dispute son quatrième Mondial, peut s'offrir un étonnant record en cas de score étriqué face à la bande à Neymar. Le Ballon d'or 2018 pourrait, en effet, devenir le joueur avec le plus de matchs nuls en Coupe du monde. Un tel résultat contre les Brésiliens serait son huitième en carrière (en 16 matchs disputés) dans la plus belle des compétitions. Personne n'a fait mieux et seul l'Irlandais Steve Staunton (8 matchs nuls en 13 rencontres) a fait "aussi" bien. La Seleçao est prévenue.
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