Les haies ne propagent pas les mauvaises herbes, elles les limitent - Sciences et Avenir

Loïc Chauveau - Sciences Et Avenir - 09/12
Contrairement aux idées reçues, les haies ne propagent pas les "mauvaises herbes". Au contraire, elles favorisent la biodiversité des adventices et limitent ainsi les plantes les plus néfastes pour les cultures.

Des milliers de rapports, des expérimentations concluantes, des préconisations portées désormais par les plus hautes instances scientifiques et techniques : les "solutions fondées sur la nature" constituent l’un des sujets phares de la COP 15 qui se déroule à Montréal (Canada) jusqu’au 19 décembre. En marge des négociations pour construire le cadre juridique de l’action des Etats pour stopper l’érosion de la biodiversité, les agronomes, écologues, hydrologues confrontent leurs expériences sur ces solutions qui utilisent les services rendus par la nature, comme par exemple les réhabilitations de zones humides servant à "tamponner" les crues, plus efficaces que les digues de protection, lesquelles sont onéreuses et gourmandes en matériaux. C’est dans ce cadre que vient de paraître les très intéressants travaux des scientifiques de l’Institut national de recherche sur l’agriculture et l’environnement (Inrae), de l’université de Rennes, du CNRS et de l’Anses dans Journal of Applied Ecology. Les haies sont les amies de l’agriculture !

Ces conclusions bouleversent des décennies de certitudes profondément ancrées chez des générations d’agriculteurs. Pour nombre d’entre eux, les haies sont des réservoirs d’adventices (le nom donné à ces plantes sauvages non désirées dans les champs cultivés) et d’insectes ravageurs de leurs récoltes. ...
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