Convention citoyenne : vers le détournement d’une aspiration démocratique légitime ?

Humanite - 08/12
Hors du recours au Parlement et au référendum, la convention citoyenne sur la fin de vie illustre une nouvelle fois la démagogie d’Emmanuel Macron en matière de « gouvernance ». Avec les contributions du sociologue Albert Ogien et du politologue Yves Sintomer.

Albert Ogien
directeur de recherche au CNRS

En dépit de la désinvolture avec laquelle a été traitée la convention citoyenne pour le climat, un mode d’expression de la souveraineté populaire émerge.

La suite de réformes libérales imposées aux pays développés depuis les années 1970, visant à réduire les droits civiques et sociaux que les citoyens y ont conquis, a produit ce qu’on nomme improprement la « crise de la démocratie » – en fait, la contestation du bien-fondé de l’élection, de l’irresponsabilité des dirigeants et de l’indécence de la politique. Pour répondre à cette « crise », les pouvoirs en place s’évertuent désormais à associer les citoyens à la prise de décision en les invitant à participer à la confection de budgets locaux ou à faire entendre leur voix dans des assemblées débattant de problèmes publics qui les concernent.

C’est ce que le gouvernement français a fait, en 2019, en installant, dans l’espoir de solder la révolte des gilet...
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