Les Palestiniens d’Israël, une histoire entre deux feux

LOrientLeJour - 13/05
Cet article qui revient sur les relations entre Palestiniens d'Israël et Palestiniens des Territoires occupés avait été publié en octobre 2019, dans un contexte marqué par des élections...

30 mars 1976. Dans le nord d’Israël, c’est la grève générale. Les chauffeurs de bus ne conduisent pas les ouvriers sur leurs lieux de travail, les enfants ne vont pas à l’école ni les étudiants à l’université. Depuis déjà plus de trois semaines, le comité régional pour la défense des terres arabes s’est accordé sur cette action exceptionnelle, en réponse à l’annonce faite le 19 février par le gouvernement travailliste israélien de confisquer 25 000 dounoms de terre au cœur de la Galilée.

Les autorités israéliennes s’efforcent de contrer le projet du comité par des pressions, des menaces ou des promesses de récompenses. Rien n’y fait. La grève aura bel et bien lieu. Le plan B est mis en œuvre. On déploie police, gardes-frontières et unités militaires. La grève se ramifie en manifestations, les manifestations se muent en une révolte, la révolte s’achève dans la douleur. Dans le village de Sakhnin, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nazareth, la répression du mouvement donne lieu à une tuerie. 6 morts, 50 blessés et 300 arrestations. Des manifestations de solidarité éclatent en Cisjordanie et à Gaza et deviennent emblématiques de l’unité palestinienne par delà les frontières. Depuis ce jour, la date du 30 mars est celle de la « Journée de la terre », symbole de la première mobilisation de masse organisée par les Arabes d’Israël. « À Sakhnin, pour la première fois, les Palestiniens d’Israël s’organisent et se révoltent pour dire que c’est leur terre, qu’elle ne peut pas leur être confisquée et qu’ils sont des citoyens de plein droit » raconte Leila Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France, puis auprès de l’Union européenne, à L’Orient-Le Jour. « Ce jour-là, ils sont devenus les héros de tous les Palestiniens. »

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