Il devient maintenant plus difficile de distinguer, comme nous l’avons fait jusqu’ici, entre le militantisme végan et la pensée antispéciste, puisque, parvenu à l’âge politique, l’antispécisme devient justement une doctrine militante : il ne vise plus seulement à considérer différemment les animaux mais à demander à la société tout entière de changer son regard sur eux, de sorte que leurs intérêts soient davantage respectés. Nous faisons malgré tout le choix de ne pas mentionner pour l’instant les dérives les plus radicales de certains groupuscules antispécistes. Nous continuons de croire que ces actions violentes (attaques de boucheries, saccages ou incendies volontaires d’abattoirs…), qui décrédibilisent l’ensemble de la cause, ne sont le fait que d’une petite minorité, et que la plupart des militants animalistes sont pacifistes. Qu’une pensée radicale donne lieu à des actions radicales n’a toutefois rien de très surprenant…
Il existe autant de projets politiques que de mouvements de défense des animaux : tous n’ont pas les mêmes objectifs (nous avons évoqué la différence entre les welfaristes et les abolitionnistes), ni les mêmes leviers d’action. Toujours est-il que, pour beaucoup d’antispécistes, le combat intellectuel ne suffit plus : il faut agir. En France, l’une des associations les plus connues est L214 : créée en 2008 par deux militants végans qui luttaient depuis quelques années pour l’interdiction de la production de foie gras, Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, son apparition est récente en comparaison d’autres pays comme le Royaume-Uni, où de tels groupes ont commencé le combat bien plus tôt. Dans un entretien à France...
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