Manifestations en Chine : Huawei a-t-il effacé des vidéos de ses téléphones ?

LCI - 01/12
[VIDÉO] - Selon une vidéo, des fichiers montrant des manifestations en Chine sont à présents inaccessibles sur des téléphones. Cela concerne des appareils de la marque chinoise Huawei, dont la cybersécurité aurait déjà présenté des failles.

Selon une vidéo, des fichiers montrant des manifestations en Chine sont à présents inaccessibles sur des téléphones.
Cela concerne des appareils de la marque chinoise Huawei, dont la cybersécurité aurait déjà présenté des failles.

La Chine traverse sa plus grande contestation depuis des décennies et de nombreux habitants ont certainement peu d’informations sur ce qui se joue dans le pays. Et pour cause, les vidéos et images des manifestations sont effacées tour à tour des réseaux sociaux… et directement des téléphones des citoyens, selon un tweet publié le 30 novembre.

Une vidéo, vue plus de 440.000 fois en 24 heures, montre l’écran d’un téléphone portable et sa galerie d’images, dans laquelle des fichiers sont devenus illisibles. Selon la journaliste Melissa Chen, du Spectator USA, "les utilisateurs chinois des médias sociaux signalent que les téléphones Huawei suppriment automatiquement les vidéos des manifestations qui ont eu lieu en Chine, sans en informer les propriétaires". Depuis sa publication sur Twitter, la vidéo se voit largement relayée, comme ici par Marsha Blackburn, une sénatrice américaine.

Pour le contexte, l’entreprise chinoise de télécommunication Huawei est régulièrement accusée par les États-Unis d’espionner ses utilisateurs via leurs appareils, pour le compte de Pékin. Ce que Huawei a toujours nié. Le 25 novembre, Washington a annoncé l'interdiction des équipements et services de télécommunication fournis par plusieurs groupes chinois, et notamment par Huawei. 

La proximité entre Huawei et Pékin dénoncée

La défiance des États-Unis repose sur la proximité prêtée à l’entreprise avec le régime chinois. D’abord à travers son fondateur et PDG, Ren Zhengfei, ancien ingénieur de l’armée et ayant sa carte au Parti communiste chinois (PCC). Ces informations sont mises en avant par Huawei, dans la courte biographie consacrée à son PDG. Mais la marque nie en bloc toute influence du PCC dans ses activités, expliquant qu’avoir sa carte au sein du parti était obligatoire pour travailler dans l’armée et que "cela n’a aucune incidence sur l’entreprise". 

Un autre élément interroge, celui des subventions qu’aurait versées le régime à l’entreprise à ses débuts. Au total, elle aurait perçu 75 milliards de dollars de la part de Pékin, d’après le Wall Street Journal. Là aussi, démenti formel de l’entreprise, se présentant comme "privée détenue à 100% par ses employés" et dans laquelle "le gouvernement chinois ne détient aucune action".

Des failles dans les téléphones Huawei

Il parait difficile, en l’état, de conclure à une infiltration de l’entreprise sur ses appareils pour censurer des fichiers relatifs aux protestations, sur ordre du régime chinois. Cependant, cette hypothèse n’est pas impossible, compte tenu de plusieurs éléments. D’abord, nous le disions plus haut, la sécurité des systèmes et des données informatiques de Huawei n’est pas garantie, selon le renseignement américain qui alerte depuis 2012 sur des failles permettant "d'accéder à distance aux équipements de l'entreprise sans autorisation". 

C’est ce qu’estiment d’autres experts, pouvant être jugés moins clivants. Dans un rapport de 2021, le Centre national de cybersécurité de Lituanie indique avoir découvert des failles dans les téléphones Huawei, en particulier dans le smartphone phare P40 5G. Selon les chercheurs, "une partie des applications mobiles contenues sur les plateformes de distribution d'applications sont des imitations des applications originales, avec des fonctionnalités malveillantes", qui mettent "en péril la sécurité de l'appareil et des données qu'il contient". Autrement dit, ces logiciels permettraient d’installer des virus sur l’appareil ou bien d’avoir accès aux données qu’il contient.

Un accès par le cloud, théorie la plus réalisable

Plusieurs hypothèses peuvent dès lors être posées, selon Bastien Le Querrec, membre de La Quadrature du Net, même s’il est hasardeux de "poser un verdict définitif" sans information supplémentaire. Pour le spécialiste en cybersécurité, un accès aux données d’un t...
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