Plus que jamais, l'urgence pour l'Afrique est que les investissements réalisés ici ou là aient non seulement un impact au niveau des statistiques macroéconomiques mais aussi à celui du ressenti que les populations ont de leur vie de tous les jours. Pour enrichir la réflexion et les actions prenant en compte cette réalité, la Coordination pour l'Afrique de demain (CADE) vient de publier un Livre Blanc intitulé « Investissements à impact social en Afrique : 25 recommandations pour accélérer la croissance de l'activité ». À travers cette contribution, ce club socio-économique, de promotion des politiques publiques et des stratégies, de valorisation des talents et des synergies constructives en direction de l'Afrique, veut « donner des grilles de lecture facilitant la compréhension des investissements à impact pour les non-initiés, mais aussi pour certains professionnels qui les confondent ». Au menu de ce Livre Blanc, il y a « un recensement de chiffres, des précisions de termes, des tableaux synthétiques, des focus de présentation d'investisseurs et de fondations, des portraits d'entrepreneurs à impact social et écologique, des programmes et initiatives, des tendances de secteurs prioritaires, des tribunes d'experts, etc ». Président de la CADE, pour Le Point Afrique, Roland Portella a accepté d'aborder et d'approfondir l'ensemble des défis liés à la question des nouvelles technologies appliquées au monde agricole. En d'autres termes, l'agrotech. Entretien.
Le Point Afrique : Dans le Livre Blanc que vous venez de publier, vous abordez la question de l'agrotech. N'y a-t-il pas des équations préalables à régler comme la gouvernance foncière par exemple pour sécuriser l'environnement des exploitations ?
Roland Portella : Nous constatons de l'engouement de la part des communautés d'affaires quant à l'arrivée et au déploiement des agrotech en Afrique. Mais nous pensons que ces technologies ne pourront être optimales que dans le cadre de politiques publiques d'organisation des filières agricoles et agro-industrielles améliorées. La faiblesse de la gouvernance foncière provoque des inégalités criardes d'accès aux terres et des expropriations injustifiées pour des centaines de millions d'agriculteurs. En moyenne, en Afrique, sur 10 projets d'investissement agricole, 5 sont bloqués ou n'aboutissent pas en raison du manque de sécurisation foncière. Plus de la moitié des Etats africains, comme le Ghana et la Tanzanie, ont entrepris depuis 10 ans des réformes foncières. L'alliage entre les droits « modernes » de propriété foncière et les droits « coutumiers » requiert encore beaucoup de dialogue entre les pouvoirs publics, les collectivités locales et les communautés rurales. L'accès et la sécurisation foncière des jeunes et des femm...
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