Elle n’a pas beaucoup dormi, "quatre ou cinq heures" de son propre aveu. Au lendemain de sa victoire face à Enola en finale de la Star Academy 2022, Anisha nous a confié par téléphone son émotion. Née à Madagascar où elle a connu une enfance difficile, en France depuis quelques années pour faire ses études, la candidate de 22 ans a vaincu sa timidité pour participer au programme de TF1. Dès le premier prime, où elle avait bouleversé les téléspectateurs en reprenant "Je suis malade" de Serge Lama, elle était devenue l’une des favorites de la promo. Même si son parcours n’a pas toujours été simple au château...
Anisha, lorsque Robbie Williams prononce votre nom, vous ressentez quoi ? De la joie ? De la surprise ? Du soulagement ? Un peu des trois ?
Pour moi, c'est de la surprise, d’abord. Et de la joie. Je ressens vraiment une grosse émotion. Je me dis "mais c’est quoi ce qui m’arrive ?". Ce n’est pas forcément lié à la victoire, mais au fait qu’il y ait eu des gens qui ont voté pour moi et qui m’ont élu gagnante. Des gens qui ont eu confiance en moi. Des gens qui m’ont soutenu. Des gens qui ont suivi mon parcours. Ce que je ressens vraiment, c’est de la gratitude.
Hormis votre concert avec les autres finalistes à la maison de disques cette semaine, vous n’aviez jamais mesuré votre impact sur les gens ?
Je ne savais pas du tout. Il y avait des gens qui portaient des pancartes, des membres de la communauté malgache avec des mots d’encouragement comme pour notre équipe de foot. C’était dingue ! En les voyant, ça m’a donné beaucoup de force et c’est aussi pour eux que j’ai tout donné ces derniers jours.
Je me rappelle de votre main qui tremble lors du tout premier prime sur "Je suis malade" de Serge Lama. Depuis vous avez acquis plus de contrôle et d’assurance. Mais l’émotion brute qui vous anime, elle reste la même, non ?
Ce qui a bougé, c’est le fait de pouvoir canaliser tout ça. Mon histoire avec la musique, elle est brute comme vous dites. La musique, je l’utilisais comme une thérapie et aussi un moyen de transmettre des messages. Des émotions. Or, je n’avais pas forcément toutes les techniques, toutes les bonnes choses à appliquer. Mais c’est vrai que c’est toujours la même émotion qui me transcende, que ce soit sur "Je suis malade" au début de mon parcours, ou sur "Hallelujah" de Leonard Cohen qui m’a permis de terminer en finale. Sur cette chanson, j’ai été absolument transcendée par la musique.
C’est vrai qu’on vous sent lâcher prise totalement sur cette chanson. On était à la limite du gospel, non ?
"Hallelujah", c’est une chanson qui dit "gloire" ! Gloire à la vie, gloire à Dieu en fonction de ses croyances. Moi, ce que je voulais à travers cette chanson, c’était dire merci pour tout ce qui s’est passé dans cette aventure, tous les cadeaux que j’ai reçus. Peu importe l’issue, j’avais déjà tout gagné. C’est ce que je me disais depuis le premier jour, à vrai dire.
Au début de la saison, vous avez présenté aux élèves une guitare cassée, symbole de vos blessures intimes. Cette victoire, elle va permettre de les refermer pour de bon ?
C’est quelque chose que j’ai dit dans mon magnéto durant le prime. L’aventure Star Academy, en elle-même, m’a apporté un morceau de bois pour reconstruire cette guitare cassée. Tout ça fait partie de moi, c’est mon histoire. Le message, c’est de toujours avoir de l’espoir, de ne jamais baisser les bras. Avancer quoi qu’il en soit. Parce que je ne suis pas un cas isolé. Tout le monde traverse des moments difficiles. Mais je veux dire qu’il faut toujours avoir le courage d’avancer. Continuer, peu importe les épreuves. "The Show Must Go On", quoi !
Vous êtes restée très pudique sur votre enfance difficile à Madagascar. C’est quelque chose que vous raconterez plus tard, ou que vous préférez garder pour vous ?
C’est vrai que j’en ai parlé vaguement. Avec les mots que j’ai utilisés, avec l’image de cette guitare cassée ou à travers la musique en soi, on a pu apercevoir des choses....
[Courte citation de 8% de l'article original]