C'est le symbole de la surconsommation en France et à travers le monde. Le Black Friday, qui tombe le 25 novembre cette année, est devenu le grand rendez-vous commercial ouvrant la saison des fêtes. Un succès tel que cette journée se déroule désormais, la plupart du temps, sur une semaine entière pour porter le nom de Black Week. Une période de promotions exceptionnelles, importée des États-Unis, qui est régulièrement dénoncée, par les associations de défense d'une consommation plus responsable, comme un vendredi noir pour l'environnement et les droits humains.
Il faut dire que pour appâter les consommateurs, les commerçants n'hésitent pas à proposer des rabais pouvant atteindre les -70% sur de nombreux produits issus de secteurs particulièrement polluants. "Le Black Friday, c'est la journée où l’on consomme le plus dans le monde", assure Thibaut Ringo, directeur général de l'ONG Altermundi et cofondateur du Green Friday.
Au cœur des inquiétudes, la consommation de vêtements, téléphones, tablettes, ordinateurs et autres machines à laver et appareils électroménagers. Des produits particulièrement polluants pour la planète. "Derrière chaque objet neuf, il y a une montagne de ressources qui est utilisée pour les fabriquer, que ce soit les matières premières, l'eau ou l'électricité nécessaire à toutes les phases de fabrication", détaille Marine Foulon, responsable communication de l'ONG Zero Waste France.
Par ailleurs, les promotions toujours plus alléchantes poussent à la consommation pour des articles pas forcément utiles. "Lors du Black Friday, il y a encore plus de gaspillage qu'à l'accoutumée", poursuit la responsable. "Ça pousse à acheter et à acheter rapidement et beaucoup parce qu’on utilise l’argument des prix bas, de la promotion avec cette notion de durée très courte pour en profiter. On achète ainsi des choses qu'on n'avait pas forcément prévu d'acheter et on oublie l'étape de réflexion sur ce dont on a besoin. Ça donne souvent lieu à des achats ratés qui finissent dans un placard ou renvoyés à l'expéditeur. En termes de gaspillage des objets et des ressources, c'est énorme".
Un constat partagé par Thibaut Ringo. "C’est bien beau d’acheter un t-shirt à 5 euros qui va être jeté au bout de deux mois, mais est-ce qu’il ne faut pas réfléchir un peu différemment et au lieu d’acheter 6 t-shirts jetables, en acheter un qui va durer plusieurs années, qui va être fabriqué en France, en coton bio… Il faut essayer de faire comprendre au consommateur l’impact de son achat". Et le directeur général d'Altermundi de citer quelques chiffres : "Il y a 5 millions de tonnes de vêtement qui sont mis sur le marché en Europe chaque année et 4 millions qui sont jetés. Quand on sait que la production d’un seul jean peut représenter jusqu’à 11.000 litres d’eau, ces chiffres donnent le tournis ! Par ailleurs, 56% des équipements qui tombent en panne ne sont pas réparés. Donc c’est bien beau d’aller acheter des machines à laver à -50% pendant le Black Friday, mais est-ce qu’on ne peut pas réparer son produit plutôt que de générer des tonnes de déchets ?"
Les achats en ligne durant le Black Friday ou le Cyber Monday qui le suit pour les achats sur Internet ont également un coût important pour l'environnement. "Cela a un impact en termes d’emballage, puisque tout ce que l’on reçoit est emballé, sur-emballé avec beaucoup de plastique", détaille Marine Foulon. "Il y a également l’impact carbone lié au coût du transport et puis il y a un impact concernant les retours pour les articles qui ne conviennent pas. On ne sait pas trop ce qu'ils deviennent par la suite, car le système est très opaque, mais on sait que certains peuvent être directement jetés. On parle d'articles qui n’ont même pas été utilisés et qui vont tout de suite passer par la case destruction".
Une frénésie de consommation qui a un impact sur les droits...
[Courte citation de 8% de l'article original]