Une sélection impitoyable, avec beaucoup de postulants, mais seulement une poignée d’élus. Les visages et les noms des futurs astronautes appelés à voler orbite, sous la bannière de l’Europe, vont être dévoilés ce mercredi 23 novembre, à l’occasion congrès ministériel de l’Agence spatiale européenne, qui se tient actuellement à Paris. Pour ces aspirants aux étoiles, aux profils très divers, c’est l’aboutissement d’une compétition féroce.
Signe de l'appétit croissant pour l'espace d'une génération aussi plus féminine, appelée à s'envoler vers la Lune, un nombre record de 22.589 personnes, avaient postulé aux avis de candidatures à l'issue de la clôture de la campagne de recrutement, en juin 2021. C’est trois fois plus que pour la précédente sélection il y a 11 ans, dont le Français Thomas Pesquet faisait partie. La campagne, qui vise le recrutement de profils plus divers, a attiré quatre fois plus de femmes qu’en 2018.
"Je suis agréablement surprise par l'augmentation du nombre de candidatures féminines. Pour ma sélection en 1985, on était à 10%, on est passé à 15% en 2008, et aujourd'hui, on est à 24%... C'est un progrès, qui correspond à peu près à la proportion de femmes qu'on retrouve dans les métiers de l'ingénierie en Europe", s’était d’ailleurs félicitée, à l’époque, l'astronaute et ex-ministre de la Recherche, Claudie Haigneré, première Française à être partie dans l'espace.
L'effet Thomas Pesquet a dû sans doute participer également à cet élan. La France est de loin le pays qui a présenté le plus de candidatures au départ, avec pas moins de 7137 aspirants (dont 1662 femmes). Du jamais-vu ! Suivaient l'Allemagne (3700 candidats), le Royaume-Uni (1979), l'Italie (1860) et l'Espagne (1344). En 2008, l'Esa n'avait reçu 1860 candidatures françaises. Depuis, l'astronaute a effectué deux missions en orbite, dont l'une est en cours, au fort retentissement sur Terre.
Pour espérer décrocher un ticket pour l’espace, les candidats devaient attester de l’obtention d’un diplôme dans un domaine lié aux sciences, à la médecine, à la technologie, à l'ingénierie ou aux mathématiques, et d’au moins trois ans d'expérience professionnelle. La limite d'âge est fixée à 50 ans. Par ailleurs, il faut parler parfaitement l'anglais, et la maîtrise d'une deuxième langue est un atout. Il faut en outre fournir un certificat médical du type exigé pour la profession de pilote. Autres qualités recherchées par les recruteurs, un esprit curieux et un sang froid à toute épreuve.
En février dernier, après un premier tri des candidatures, les dossiers de 1361 postulants, dont 404 de nationalité française (250 hommes et 154 femmes), ont finalement été retenus par l’agence spatiale pour la deuxième phase de sélection qui a eu lieu à Hambourg (Allemagne), à l'automne dernier. Au programme, des tests cognitifs, techniques et de personnalité, suivis dans un second temps d'évaluation psychométriques (mémoire, réactivité, calcul...) et de nouveaux tests médicaux. Chacune des étapes étant éliminatoire.
À l’issue du processus de sélection, qui comprend six étapes, l'Esa a finalement retenu six candidats dont les noms seront dévoilés ce mercredi 23 novembre en début d'après midi. Pour la première fois, l’agence va également former un corps de réserve, en parallèle, au cas où de nouvelles occasions de vols, moins longs, se présenteraient, qui comprendra une vingtaine d’astronautes. Enfin, autre nouveauté, l’Esa a mis en place une procédure parallèle de recrutement d'astronaute en situation de handicap physique, touchant les membres inférieurs ou ayant une très petite taille, en vue d'une étude de faisabilité sur l'accès des vols spat...
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