Mondial 2022 : pourquoi le nombre de morts sur les chantiers est difficilement chiffrable

AFP, - Orange - 22/11
Critiqué pour les conditions de travail des travailleurs immigrés venus construire les infrastructures de la Coupe du monde de football, le Qatar affirme que seulement trois ouvriers sont morts d'un accident de travail sur ses chantiers entre 2015 et 2021. Un autre chiffre est régulièrement repris dans le débat public : celui de plus de 6.500 morts. Si ce nombre de décès a bien été avancé par le Guardian en 2021, il est présenté à tort comme le nombre total d'ouvriers immigrés morts sur les chantiers, alors que le quotidien précise qu'il englobe les décès de tous les ressortissants de cinq pays différents d'Asie sur la période 2010-2010. Le décompte exact des travailleurs étrangers décédés d'un accident du travail pour le Mondial est très compliqué à établir, l'opacité régnant sur les causes de la mort de nombre d'entre eux, comme le dénonce Amnesty International. D'autres statistiques devraient par ailleurs être également prises en compte pour chiffrer au plus près ce bilan macabre, dont l'ordre de grandeur gravite cependant, selon les estimations de plusieurs spécialistes, autour de "milliers de morts". Combien d'ouvriers immigrés ont-ils perdu la vie au Qatar depuis que l'émirat a entamé, il y a une dizaine d'années, la construction des infrastructures requises pour accueillir le Mondial ?

AFP, publié le mardi 22 novembre 2022 à 18h23

Critiqué pour les conditions de travail des travailleurs immigrés venus construire les infrastructures de la Coupe du monde de football, le Qatar affirme que seulement trois ouvriers sont morts d'un accident de travail sur ses chantiers entre 2015 et 2021. Un autre chiffre est régulièrement repris dans le débat public : celui de plus de 6.500 morts. Si ce nombre de décès a bien été avancé par le Guardian en 2021, il est présenté à tort comme le nombre total d'ouvriers immigrés morts sur les chantiers, alors que le quotidien précise qu'il englobe les décès de tous les ressortissants de cinq pays différents d'Asie sur la période 2010-2010. Le décompte exact des travailleurs étrangers décédés d'un accident du travail pour le Mondial est très compliqué à établir, l'opacité régnant sur les causes de la mort de nombre d'entre eux, comme le dénonce Amnesty International. D'autres statistiques devraient par ailleurs être également prises en compte pour chiffrer au plus près ce bilan macabre, dont l'ordre de grandeur gravite cependant, selon les estimations de plusieurs spécialistes, autour de "milliers de morts". Combien d'ouvriers immigrés ont-ils perdu la vie au Qatar depuis que l'émirat a entamé, il y a une dizaine d'années, la construction des infrastructures requises pour accueillir le Mondial ?

Cette question lancinante poursuit l'Etat gazier du Golfe, nombre de médias, du Washington PostauNew York Times, en passant par Mediapart, et des ONG comme Human Rights Watchayant dénoncé au fil des années les conditions de travail extrêmes de ces ouvriers principalement originaires de pays d'Asie et d'Afrique. Et elle suscite un vif démenti des autorités qataries, qui évoquent "calomnies", "racisme", et brandissent désormais la menace de poursuites judiciaires, le Comité suprême d'organisation du Mondial affirmant "avoir travaillé sans relâche pour garantir le respect des droits de chaque ouvrier engagé sur les projets de la Coupe du monde" et assure que des "progrès significatifs ont été faits" dans différents domaines (logement, santé, sécurité).

Les principaux calculs réalisés à ce sujet font l'objet d'une disparité considérable, en l'absence de données précises, qui rend tout décompte exact de ce bilan macabre particulièrement compliqué, comme le souligne à l'AFP Quentin Müller, journaliste indépendant spécialisé sur la péni...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...