Au lendemain du meurtre d'un agent du fisc de à Bullecourt (Pas-de-Calais), le procureur de la République d'Arras, Sylvain Barbier Sainte Marie, a donné ce mardi 22 novembre, à l'occasion d'une conférence de presse, de nombreuses informations sur les circonstances de ce drame.
Le magistrat a notamment indiqué que l'acte commis par un brocanteur était, semble-t-il, "prémédité". Plusieurs éléments laissent en effet à penser que le chef d'entreprise attendait les victimes. Retour sur les révélations du magistrat ce mardi.
Lundi, cet inspecteur principal des finances publiques, chef de la brigade de vérification d'Arras, et sa collègue, inspectrice des finances publiques, avaient rendez-vous à 14h au domicile de ce chef d'entreprise, situé à Bullecourt dans le Pas-de-Calais.
"Ce rendez-vous était pris dans le cadre d'un dernier examen de la situation fiscale de son entreprise spécialisée dans la brocante. L'intervention avait pour but d'effectuer une vérification de la comptabilité de l'entreprise et cette démarche était engagée depuis mai 2022", a expliqué le magistrat.
"La première partie des éléments de vérification de cette inspection s'est passée au début de façon plutôt correcte et ensuite ça a dégénéré", a dévoilé le procureur. Le mis en cause, divorcé et père de deux enfants, a alors "menacé les victimes" verbalement avant de s'en prendre à l'agent physiquement.
Puis vers 16h, il a appelé son ex-compagne, qui ne vit pas sur la commune de Bullecourt, en lui demandant de venir sur place. "Arrivée à Bullecourt, celle-ci voit depuis l'extérieur de la maison l'inspectrice des finances ligotée sur une chaise. À 18h08, elle alerte alors par un appel au 17 les services de la gendarmerie."
Arrivés chez le brocanteur, les gendarmes aperçoivent l'inspectrice de 39 ans ligotée sur une chaise et extrêmement choquée. Celle-ci est immédiatement prise en charge par les secours.
Les militaires découvrent également le corps sans vie de son collègue "avec une plaie importante à l'abdomen." En fouillant une annexe de la maison attenante au bâtiment principal, ils retrouvent le cadavre du brocanteur, avec un pistolet à ses côtés.
Les premières constatations réalisées par un médecin légiste lundi soir ont permis de dresser un premier rapport sur les blessures des victimes. "S'agissant de la première victime, l'inspecteur principal des finances publiques âgé de 43 ans est décédé de plusieurs coups de couteau portés dans le dos et au thorax. Il présentait également une trace d'autodéfense", a détaillé le procureur de la République.
La seconde victime, survivante, inspectrice des Finances publiques, n'a pas été blessée physiquement mais est "fortement choquée psychologiquement". "S'agissant du mis en cause, il semble qu'il se soit donné la mort d'un coup de pistolet de type Luger tiré à bout touchant au niveau de la poitrine", a poursuivi le magistrat. Un seul coup de feu aurait été tiré.
La section de recherche de la gendarmerie de Villeneuve d'Ascq et la brigade de recherches d'Arras ont été saisies lundi. "A l'heure où je vous parle, l'enquête est ouverte du chef d'assassinat dans la mesure où les premiers éléments semblent se diriger vers un acte prémédité et du chef de séquestration", a souligné Sylvain Barbier Sainte-Marie.
Pour étayer son propos, le magistrat a rappelé que le rendez-vous entre le brocanteur et les agents du fisc avait été fixé à l'avance. Par ailleurs, des colliers de serrage ont été retrouvés fixés sur les sièg...
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