Insectes : ces petites bêtes qui font parler les morts - Sciences et Avenir

William Rowe-Pirra - Sciences Et Avenir - 19/11
Pour déterminer l'heure d'un décès, les enquêteurs vont traquer notamment la présence d’insectes.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°211 daté octobre/ décembre 2022.

Un crime a été commis, un cadavre découvert. Heure du décès ? Inconnue. Pour la déterminer, les enquêteurs vont traquer tous les indices possibles : témoignages, évolution de la décomposition du corps, mais aussi… présence d’insectes. En effet, dès la mort, ses fonctions physiologiques s’étant arrêtées, le corps humain subit d’importantes modifications : il se rigidifie, pourrit… ce qui fait de lui un repas de rêve pour toutes sortes d’insectes saprophages et nécrophages qui se délectent, respectivement, des tissus putréfiés et morts, et dont le cycle de vie permet notamment de déterminer le moment où leur hôte a trépassé.

En France, la discipline qui étudie les insectes, l’entomologie, est pratiquée en matière criminelle depuis 1992 et la création du département Faune et Flore forensiques au sein de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Dans ce service, des gendarmes et des civils formés à l'étude des insectes et de leur développement mettent leur expertise au service de la justice, de manière parfois très surprenante.

Il faut remonter au 13e siècle pour trouver le premier cas documenté d'entomologie légale : l'assassinat d'un fermier chinois en 1235. Les traités de l'enquêteur affecté à l'affaire, un médecin, juge et auteur nommé Song Ci, relatent comment, après avoir convoqué les villageois et rassemblé leurs faucilles, il a pu observer des dizaines de mouches s'agglutiner sur l'un des outils, attirées par des résidus de sang invisibles à l'œil nu… et arrêter son propriétaire.

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