10 Mai 1981 : François Mitterrand et les mille et une divisions du PS

Atlantico - 10/05
La presse nous rapportait récemment que les socialistes n’étaient pas parvenus à s’entendre sur la façon de célébrer le 40ème anniversaire du 10 mai 1981, date théoriquement chérie entre toutes puisqu’elle symbolise l’arrivée (triomphale, bien sûr) d’un Président socialiste dans la France de la Vème République. Entre Rwanda, bisbilles personnelles et course obsessionnelle après les écologistes, ils ont beau être de moins en moins nombreux, les occasions de discorde s’amoncellent. Mais comment font-ils ?

De presque 26 % pour François Mitterrand au premier tour de 1981, le Parti socialiste (PS) est tombé à 6,36 % des voix, écologistes compris, en 2017 et leur candidate la mieux placée pour 2022, la maire de Paris Anne Hidalgo a du mal à se hisser au-delà de 6 % dans les sondages. On se demande comment ils trouvent encore matière à accélérer la division cellulaire qui, de démissions en refondations, les entraîne vers le néant.

Quelques rappels préhistoriques s’imposent, surtout à l’intention de mes plus jeunes lecteurs qui n’ont jamais entendu parler de ce parti depuis qu’ils sont en âge de voter. Je ne les blâme pas, comment pourraient-ils savoir qu’à une époque, il y a très longtemps, le PS scandait le tempo politique de la France ?

Sachez donc que nous parlons du grand parti de Jaurès, Blum et Mitterrand (et Martine Aubry), du grand parti qui recueillait facilement 37 % des voix aux élections législatives dans les années 1980, du grand parti qui a fait « passer la France de l’ombre à la lumière » le 10 mai 1981, du grand parti qui, probablement un peu aveuglé par tant d’éclat auto-proclamé, a soutenu Ségolène Royal en 2007 et porté François Hollande et son scooter magnifique au pouvoir en 2012. Un François Hollande qui s’est montré si fier et si convaincu de son bon bilan qu’il a préféré ne pas se représenter en 2017 pour mieux le protéger !

Malgré quelques expériences « plurielles » branlantes tentées par le passé, c’est à ce moment-là que le travail de sape de la division cellulaire a véritablement commencé. Emmanuel Macron n’était pas encarté au PS, mais il avait participé de si près à la campagne présidentielle de François Hollande qui avait fait de lui son conseiller, puis son ministre de l’économie, qu’on pouvait sans peine le croire idéologiquement affilié à jamais en dépit de quelques blagues de fort mauvais goût à propos des 35 heures.

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