Doha (Qatar), envoyé spécial.
Quasiment une ambiance de soir de match. Des chants, des danses, des tambours. Le flux des badauds s’agglutine, sort ses téléphones portables, tend les bras en hauteur et prend photos et vidéos. En ce dimanche 13 novembre, maillot rouge et vert, drapeaux à l’unisson, la petite troupe de supporters portugais est déjà à pied d’œuvre à la station Msheireb, le carrefour des trois lignes de métro construites pour l’occasion. Pourtant, le match d’ouverture n’est prévu que dans sept jours et l’entrée en lice de la Seleção, quatre jours plus tard. Voilà des supporters galvanisés. Mais, attendez… Il y a un détail : les fans en folie viennent manifestement tous du Sud-Est asiatique. Que des hommes, au demeurant. Supporters sincères ou de pacotille ? Payés, pas payés ? Ils ne répondront pas. Quelques médias se chargeront de remplir quelques blancs en racontant l’histoire de l’un d’eux, Mohammed Hashif, ses 6 300 followers sur Instagram, sa première référence à l’équipe de Ronaldo, le 6 mai 2022, et des répétitions dès cet été de la chorégraphie qui n’a donc rien de spontané.
La mascarade se répète un peu partout dans Doha. Ici, un salarié népalais en transe, maillot floqué Messi sur le dos. Là, son compère indien sautillant affublé de celui de Neymar, tandis qu’un collègue sri-lankais arbore le jersey de Mbappé. Les images circulent à la vitesse de l’éclair sur les réseaux sociaux, et tournent en ridicule ce qui l’est déjà. En voulant mettre en scène une ambiance de Coupe du monde, les autorités du Qatar n’ont finalement fait que surexposer son absence, dans un pays dénué de culture du...
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