Les prix des carburants repartent à la hausse, et ce n’est que le début ! Ce mercredi 16 novembre, la ristourne de 30 centimes d'euros sur le litre de carburant octroyée par l'État depuis le 1er septembre et celle de 20 centimes de TotalEnergies dans ses stations-service ont été ramenées toutes deux à 10 centimes d'euros. Comme attendu, les prix affichés à la pompe sont repassés au-dessus de 2 euros dans la plupart des stations-service de l'Hexagone.
Les rabais de 10 centimes continueront d'être appliquées jusqu'au 31 décembre, puis une aide ciblée pour les automobilistes "qui ont du mal à joindre les deux bouts" doit prendre le relais, a fait savoir le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, en début de semaine.
Entretemps, le cours du baril pétrole brut risque lui aussi de repartir à la hausse, et par effet de ricochet encore alourdir la facture. L’embargo sur le pétrole russe, acté en mai dernier par l’Union européenne en représailles à l’invasion de l’Ukraine, sera effectif à partir du 5 décembre prochain. "Cela peut avoir un impact le prix du baril de pétrole brut, mais on n’en est pas certain et on n’en pas connait pas l’ampleur", explique Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), joint par TF1info. L’an dernier, l’Europe importait depuis la Russie un peu moins d’un tiers de son pétrole.
Or, l’évolution du prix du baril de pétrole brut se répercute généralement sur celui du litre de gazole, d'où la crainte de voir le prix des carburants à la pompe s'envoler eux aussi. "Si l’on regarde l’évolution du gazole depuis le début de l’année, le litre était à 50 centimes début janvier sur le marché de Rotterdam. Ensuite, il est passé en mars à 66 centimes juste après l’invasion russe en Ukraine. Dans le même temps, le pétrole brut est passé de 80 à 100 dollars. Cela montre bien que les deux sont étroitement liés", souligne Olivier Gantois.
Début février, une hausse du prix du litre de gazole n'est pas à exclure du fait de la nervosité des marchés
Olivier Gantois, le président l'Union française des industries pétrolières
À en croire le président de l’Ufip, le risque de pénurie est toutefois relativement faible, en tout cas pour le moment, car "un jeu de vases communicants" va se mettre en place. "Le pétrole brut russe va aller dans des pays qui n’ont pas décrété d’embargo, ce qui va libérer du pétrole en provenance d’Amérique du Nord ou du Moyen-Orient, qui lui pourra venir en Europe, et donc aussi en France, explique Olivier Gantois. De plus, certains producteurs pétroliers ont pris, dès le début de la guerre, la décision d’arrêter d’acheter du pétrole brut russe."
Des incertitudes subsistent, en revanche, avec l'entrée en vigueur, à partir 5 février 2023, de l’embargo sur les importations de gazole en provenance de Russie. Avant la guerre en Ukraine, le gazole russe représentait 30% des importations de gazole de la France. "C'est beaucoup, mais on pense qu’il n’y aura pas de problème de pénurie. Début février, une hausse du prix du litre de gazole n'est pas à exclure du fait de la nervosité des marchés", prévient le président de l'Ufip. Difficile toutefois de savoir dans quelle mesure, précise-t-il.
Selon ce spécialiste, il ne faut pas se faire d'illusions : tant que la guerre en Ukraine durera, les prix resteront élevés. "Dans les périodes de guerre où l’un des...
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