Guerre en Ukraine : origine du missile tombé en Pologne, panne d'électricité... Le point sur la situation

LCI - 17/11
[VIDÉO] - L'Otan, la Pologne et les États-Unis semblent privilégier la piste d'un missile de défense ukrainien, suite aux explosions ayant fait deux morts sur le territoire polonais, mardi. En Ukraine, un quart de la population est privée d'électricité suite aux attaques russes. Le point sur les faits marquants de ces dernières 24 heures.

L'Otan, la Pologne et les États-Unis semblent privilégier la piste d'un missile de défense ukrainien, suite aux explosions ayant fait deux morts sur le territoire polonais, mardi.
En Ukraine, un quart de la population est privée d'électricité suite aux attaques russes.
Le point sur les faits marquants de ces dernières 24 heures.

Désescalade dans la journée du mercredi 16 novembre, après que la communauté internationale a été secouée par l’explosion d’un missile supposément russe sur le territoire polonais la veille, faisant deux morts. L’origine du missile avait d’abord fait planer le doute dans la nuit de mardi à mercredi, Varsovie dénonçant un missile de "fabrication russe" et Kiev accusant Moscou, tandis que l’Otan, qui s'est réuni d’urgence alors même que se tenait le G20 à Bali, appelait à la plus grande prudence. "Beaucoup de pays disposent du même type d’armements et donc identifier le type de missile n’est pas forcément identifier l’acteur qui l’a mis en œuvre", avait souligné la présidence française.

La chute du missile sur le village polonais de Przewodow a fait craindre que l'Otan ne soit entraîné dans le conflit - provoquant une escalade majeure - en Ukraine, car la Pologne est protégée par un engagement de défense collective de l'Alliance atlantique. Varsovie a immédiatement relevé son niveau d'alerte militaire. 

Le missile serait "probablement" issu de la défense anti-aérienne ukrainienne

Un missile de défense ukrainien. Sur place, des enquêtes ont immédiatement été lancées par les autorités polonaises, l’Otan, les États-Unis et plusieurs pays européens, à la recherche de "données qui sont précises sur les pistes radars, sur les interceptions de communication, sur la nature du missile proprement dit", a expliqué sur le plateau de LCI le Général Olivier de Bavinchove, ancien chef d'état-major de la force internationale de l'Otan. 

Au cours de la journée, les responsables de l’Otan ont finalement estimé qu'il s'agissait probablement d'un missile de système ukrainien de défense anti-aérienne. Officiellement, la Maison Blanche a annoncé n’avoir "rien vu qui contredise" l'hypothèse avancée par Varsovie qui évoque un "accident malheureux", selon laquelle le missile tombé en Pologne provenait "selon toute probabilité" de la défense ukrainienne. Selon les éléments des premières enquêtes menées par le Pentagone et obtenus par Associated Press auprès de trois sources officielles anonymes, le missile aurait en réalité été tiré par les forces ukrainiennes sur un missile russe en approche, qui visait quant à lui une infrastructure électrique de l'Ukraine. 

La Russie dénonce une provocation. Pour la Russie, le tir essuyé par la Pologne relève d'une "tentative de provoquer un affrontement direct entre la Russie et l'Otan, avec toutes les conséquences que cela implique pour le monde", a déclaré mercredi le chef de la mission permanente de la Russie auprès des Nations unies. Moscou affirme que le missile a été tiré par un système de défense S-300 ukrainien, et que la frappe russe la plus proche de la Pologne était à 35 km de la frontière. Vladimir Poutine, lui, est resté silencieux depuis ces événements. 

Volodymyr Zelensky continue d'accuser la Russie

Volodymyr Zelensky continue d'accuser la Russie. Le président ukrainien a réaffirmé ce mercredi que l'engin était russe, pointant la responsabilité de Moscou. "Je n'ai aucun doute que ce missile n'était pas à nous", a déclaré M. Zelensky à la télévision. Ça n'est "n'est rien d'autre qu'un message de la Russie adressé au sommet du G20", a-t-il ensuite estimé, lors d'une visioconférence devant les dirigeants du groupe réunis à Bali. Le gouvernement hongrois a estimé mercredi que Volodymyr Zelensky donnait "un mauvais exemple" en affirmant que le missile était russe. 

Plus mesuré que son Président, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a indiqué au Financial Times "attendre la fin de l’enquête" avant de prendre position. "Une fois l'enquête terminée, nous mettrons à jour notre déclaration. Il est prématuré de faire des commentaires tant que l'enquête n'est pas terminée", a-t-il ajouté. L’armée ukrainienne a également affirmé qu’elle fera "tout" pour coopérer dans le cadre de l'enquête sur le tir de missile en Pologne. 

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