Les Français vont "vivre mieux grâce à la transition énergétique", a promis Élisabeth Borne en détaillant, mercredi 16 novembre à l'Assemblée nationale, la stratégie française pour la neutralité carbone en 2050, sans convaincre les oppositions.
Pour être "la première grande nation industrielle à s’émanciper des énergies fossiles", le plan français "repose sur trois piliers", a expliqué la Première ministre. Le premier est "la sobriété énergétique", le second "une production d’électricité décarbonée autour du nucléaire et du renouvelable", a-t-elle ajouté. Le troisième repose sur "le développement de nouveaux vecteurs énergétiques, comme l’hydrogène décarboné".
La cheffe du gouvernement a défendu la politique de l'exécutif, qui permettra selon elle de "limiter au maximum l'impact de la situation énergétique sur notre pays cet hiver". La France pourrait néanmoins "devoir procéder à des coupures ciblées et de très courte durée", a-t-elle tempéré.
La Première ministre a rappelé le choix de l'exécutif de développer le nucléaire en France pour produire davantage d'énergie "décarbonée". Le but est de "moderniser" le parc nucléaire français, a-t-elle expliqué. "La décarbonation et la sobriété vont nous protéger des crises à venir. Elles permettront de mieux maîtriser les prix. Elles seront synonymes de justice sociale, car chacun contribuera selon ses moyens. Et nous aiderons ceux dont les modes de vie et de travail seront les plus impactés", a-t-elle développé.
Elle a salué l'adoption du projet de loi sur les énergies renouvelables par le Sénat, se disant "convaincue que cette méthode et cet esprit de compromis pourront également prévaloir à l'Assemblée" lors de son examen en décembre. Par ailleurs, selon Elisabeth Borne, "la transition énergétique va de pair avec la croissance et la création d’emplois. Elle va accompagner la réindustrialisation et permettre l’émergence de secteurs et de filières d’avenir".
La coopération n'était pourtant pas de mise à l'Assemblée ce mercredi. Après l'élection d'Emmanuel Macron "sur la promesse d'une start-up nation", les Français "découvrent aujourd'hui qu'ils vont peut-être devoir retrouver les bougies" cet hiver, a lancé le chef de file des députés Les Républicains, Olivier Marleix, fustigeant "l'abandon de la filière nucléaire" et "l'absence de projet pour le champion national EDF". Le RN a également appelé à relancer "la seule filière qui a fait ses preuves, le nucléaire".
L'écologiste Julie Laernoes a de son côté critiqué "l'éternelle politique d'ébriété énergétique" du gouvernement et son "entêtement délétère au nucléaire". "Il faut sortir de l'absurdie européenne" qui lie les prix de l'électricité et du gaz, a notamment plaidé, quant à lui, le socialiste Dominique Potier. Pour le communiste Sébastien Jumel, le "dogme de la concurrence libre et non faussée" affaiblit "notre souveraineté et se révèle incapable de prendre soin de la planète". L'énergie doit "échapper à la logique du marché", a-t-il ajouté, appelant à de la "régulation par la puissance publique".
"Il y a urgence pour le climat, il y a urgence à sortir des énergies carbonées, et vous, vous procrastinez", a lancé le député LFI Matthias Tavel. "Vous pourriez tendre la main à la gauche en acceptant des mesures plus ambitieuses sur les renouvelables, mais le Président de la République vous intime sur ce sujet comme sur les autres de regar...
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