Qui est à l'origine de la frappe ayant fait deux morts mardi dans le sud-est de la Pologne ? De nombreuses zones d'ombre subsistent toujours ce mercredi, les autorités polonaises ayant relevé que le tir était dû à un missile "de fabrication russe",
mais dont l’origine restait pour l'heure inconnue. Sur le théâtre de l'explosion, de nombreux experts sont actuellement déployés pour rembobiner le fil de l'attaque et identifier son commanditaire.
Varsovie y prend part, bien sûr, mais aussi l'Otan, dont le pays est membre, ainsi que plusieurs pays européens de la région et les États-Unis. La France a notamment proposé ses services. "L'enquête va être le recoupement d'une quantité d'informations", mais "très rapidement, peut-être dans la journée, on va avoir des données qui sont précises sur les pistes radars, sur les interceptions de communication, sur la nature du missile proprement dit", a expliqué ce mercredi matin sur le plateau de LCI le Général Olivier de Bavinchove, ancien chef d'état-major de la force internationale de l'Otan.
"Je pense que l'on va savoir assez rapidement aujourd'hui des choses tout à fait précises sur ce qui s'est produit", "peut-être demain si c'est compliqué", a-t-il insisté dans la vidéo à retrouver en tête d'article. Il a spécifiquement souligné une des difficultés que vont rencontrer les enquêteurs : "Beaucoup de missiles de fabrication russe sont utilisés dans toutes les armées de la région", a pointé l'expert, qui a précisé par exemple que Kiev utilise les missiles sol-air S300 d'origine soviétique, pour se défendre face à l'agression de la Russie. "Beaucoup de pays" de la région disposant du même type d'armement, a lui-même soulevé l'Élysée.
Le type de missile est donc particulièrement important : un missile de croisière permet de délivrer une frappe, alors qu'un missile antiaérien est chargé d'intercepter ce type de frappe. "Ce ne sont pas les mêmes missiles, la charge explosive n'a pas la même nature", a-t-il ajouté. "La trajectoire est très intéressante" également, les "radars de trajectographie" permettant "de déterminer très précisément" ces éléments. "Bien sûr qu'on saura" qui est le responsable, a conclu l'ancien militaire.
Un avion de l'Alliance atlantique qui survolait l'espace aérien polonais mardi aurait repéré ce missile, selon un responsable militaire de l'organisation, interrogé par CNN. "Des informations sur les traces radar [du missile] ont été fournies à l'Otan et à la Pologne", a-t-il ajouté, sans préciser qui a lancé le missile, ni d'où il a été tiré. Les avions de l'organisation assurent une surveillance régulière autour de l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe.
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