Pap Ndiaye revient sur une mesure phare de son prédécesseur. Depuis la réforme du lycée en 2019 qui a mis fin aux traditionnelles séries L, ES et S, les mathématiques ne faisaient plus partie des matières enseignées à tous les lycéens. Dans un communiqué publié ce dimanche 13 novembre, le ministre de l'Éducation nationale entend revenir sur cette mesure en rendant obligatoire à la rentrée 2023 un enseignement des mathématiques pour tous les élèves de première en filière générale. Notamment parce que la réforme de Jean-Michel Blanquer avait mis à mal l'égalité filles-garçons, en plus de renforcer les inégalités sociales et d'appauvrir le vivier scientifique du pays.
Pap Ndiaye souhaite mener à bien cette réforme afin "de continuer à promouvoir l'excellence, mais aussi réconcilier tous les élèves avec les mathématiques et encourager l'égalité filles-garçons", lit-on dans le communiqué du ministère. Pour lui, "l'objectif est d'atteindre d'ici 2027 la parité filles-garçons dans les spécialités mathématiques, physique-chimie et mathématiques expertes (les filles sont majoritaires en SVT), et tendre vers la parité pour les autres enseignements (Sciences de l'ingénieurs – NSI – numérique et sciences informatiques)".
Si l'argument de l'égalité est autant mis en avant, c'est parce que les chiffres montrent que la réforme de 2019 a largement détourné les filles de l'enseignement des mathématiques. Selon les chiffres de l'Éducation nationale, en 2021 les mathématiques étaient l'enseignement de spécialité le plus choisi par les élèves de terminale, à 37,5%, devant les sciences économiques et sociales et la physique-chimie (en baisse de 4 points par rapport à 2020). En revanche, la part des filles dans cette matière était de 39,8% (contre 41,9% en 2020). Cette même année, si les mathématiques étaient l'enseignement de spécialité le plus choisi par les garçons (51%), il n'était que le quatrième choix pour les filles, qui étaient 27% à le suivre.
Selon une autre note d'information de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) datant de juin 2022, en 2021, entre la première et la terminale générale, 52% des filles choisissaient d'arrêter l'enseignement de spécialité, contre 31% des garçons. 46% des filles de terminale générale étudiaient donc encore les mathématiques en dehors de l'enseignement scientifique du tr...
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