Réforme des retraites : le Sénat repousse l'âge de départ de 62 à 64 ans

LCI - 13/11
[VIDÉO] - Le Sénat, majoritairement à droite, a voté samedi un texte prévoyant un départ à la retraite à 64 ans. Un amendement voté contre l'avis du gouvernement. Une manière de faire pression sur l'exécutif et les députés de droite.

Le Sénat, majoritairement à droite, a voté samedi un texte prévoyant un départ à la retraite à 64 ans.
Un amendement voté contre l'avis du gouvernement.
Une manière de faire pression sur l'exécutif et les députés de droite.

C'est un marronnier qui prend cette fois-ci des airs de coup de pression. Comme à chaque vote sur le budget de la Sécurité sociale depuis cinq ans, le Sénat a voté un texte prévoyant de reporter l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Si la majorité de droite et du centre est coutumière de cette tactique, elle fait cette année l’effet d’un coup de pression. 

Un "message politique" à destination du gouvernement

Car cette fois-ci, le gouvernement a annoncé qu'un projet de réforme des retraites arrivera en janvier 2023, après des débats parlementaires. Une promesse qui n'a pas suffi à satisfaire les sénateurs. Ces derniers ont donc proposé leur propre mécanisme de réforme. Dans le détail, celui-ci prévoit dans un premier temps la mise en place d'une "convention nationale" chargée de formuler des mesures pour un retour à l'équilibre, tout en prenant en compte pénibilité, carrières longues et emploi des seniors. En cas d'échec, il envisage une accélération de la réforme Touraine allongeant la durée de cotisation, et le report de 62 à 64 ans de l'âge légal de départ à la retraite à compter de la génération 1967. Une combinaison à laquelle Emmanuel Macron s'est d'ores et déjà dit "ouvert (...) sous conditions", fin octobre. 

D'accord sur le fond, mais pas sur la forme. Car l'exécutif veut privilégier la discussion. Une position résumée par le ministre des Solidarités ce samedi devant les sénateurs. Après avoir reconnu qu'il rejoignait la majorité sénatoriale "sur les objectifs et les thèmes" soulevés, Jean-Christophe Combe a rappelé avoir "fait le choix de la concertation et d'un projet de loi en janvier, pas d'une mesure dans un projet de loi de financement de la Sécurité sociale". En appui des arguments du ministre, le groupe RDPI à majorité Renaissance a souligné que les négociations avançaient. "Même la CGT revient à la table des discussions, les choses avancent", ont-ils fait valoir.  

TÉMOIGNAGES - Réforme des retraites : les Français sont-ils prêts ?Source : JT 20h Semaine

Mais pour les sénateurs de droite, il est "temps d'agir", comme l'a martelé la rapporteure générale, Elisabeth Doineau. Ce vote prend donc la forme d'un "message" envoyé au gouvernement et la droite à l'Assemblée nationale. "Nous avions besoin de ce message politique", a par exemple reconnu le Sénateur LR Philippe Mouiller. "À partir de notre position, nous sommes prêts à discuter", a-t-il lancé en guise d'avertissement à l'exécutif, qui sait qu'il va devoir chercher les voix des LR pour faire passer sa réforme. 

Lire aussi

Si le texte a été validé par 195 voix pour, 130 contre, 19 centristes se sont abstenus. C'est le cas de Jean-Marie Vanlerenberghe (MoDem) qui considère que l'amendement va "un peu loin". "Il faut que cette réforme soit acceptée socialement et politiquement", a prévenu l’ancien rapporteur général de la commission des affaires sociales. La gauche s'est quant à elle prononcée contre, accusant la réforme d'être "d'une injustice incroyable" pour ceux proches de la retraite. De son côté, Marine Le Pen (RN) a dénoncé, dimanche, "une manœuvre indigne" du Sénat "pour complaire à Emmanuel Macron". 

F.S.

Sur lemême thème

Tags
  • #Les Républicains
  • #Re...
    [Courte citation de 8% de l'article original]
Loading...