Le régalien est-il l’impensé du logiciel macroniste ?

Atlantico - 09/05
Arthur Berdah publie « Emmanuel Macron, Vérités et légendes » aux éditions Perrin. A un an de l’élection présidentielle, rendez-vous politique majeur sous la Vème République, Arthur Berdah dresse le bilan du mandat d’Emmanuel Macron, et à travers son action, le portrait du premier des Français. Extrait 2/2.

Le calme précède souvent la tempête. Mais il ne lui succède pas toujours. Emmanuel Macron a été imprudent de penser que ce serait le cas. Élu en 2017 sur un ambitieux programme économique et social axé autour de quelques grandes réformes (Code du travail, SNCF, assurance chômage, retraites…), le chef de l’État a cru qu’il pourrait laisser de côté les questions régaliennes, dans l’acception la plus large du terme  : police, justice, défense, mais aussi identité, immigration et cultes. Son ancien conseiller Didier Casas se souvient de l’avoir averti dès leur première rencontre : « Si tu es battu, ce sera là-dessus. »

Et pour cause. Diplômé de Sciences Po et de l’ENA, avant de passer par l’Inspection générale des finances, la banque Rothschild et le ministère de l’Économie, le natif d’Amiens n’a jamais été directement confronté à ces questions. Ni dans son expérience personnelle ni dans sa carrière professionnelle. C’est même le contraire : héritier de la deuxième gauche malgré un bref passage par le chevènementisme, il a longtemps considéré que ces thématiques étaient des lubies. Que l’insécurité relevait d’un « sentiment », comme Lionel Jospin avait cru bon de l’affirmer en son temps. Et que la sécurité était une obsession, de la droite dure au mieux, de l’extrême droite au pire.

Son passage au gouvernement, entre 2014 et 2016, ne l’a pas plus aidé à se forger une conviction claire. Témoin indirect de la vague d’attentats terroristes qui a frappé le pays en 2015, faisant plusieurs cent...
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