"Il n’y a pas de candidats" : 15.000 pharmaciens manquent dans les officines

LCI - 11/11
En ville comme à la campagne, les pharmaciens n’arrivent pas à recruter. Au total, 15.000 postes sont à pourvoir dans les officines. De plus en plus d'étudiants se détournent de ce métier, autrefois attractif.

En ville comme à la campagne, les pharmaciens n’arrivent pas à recruter.
Au total, 15.000 postes sont à pourvoir dans les officines.
De plus en plus d'étudiants se détournent de ce métier, autrefois attractif.

Après la restauration, l'hôtellerie, l'enseignement... le secteur de la pharmacie fait face, lui aussi, à une pénurie de professionnels. À Reims, cela fait deux ans qu’Amandine Brayotel cherche un assistant pharmacien. En vain. Elle évoque ses horaires à rallonge, des gardes de nuit et de week-end. Un rythme éprouvant qui l'a poussée à prendre une décision radicale : fermer l’officine le samedi. 

"J’ai décidé de fermer et d’avoir une espèce de tranquillité d’esprit de me dire ‘je me consacre pleinement cinq jours par semaine à mon officine et les deux jours restants à ma famille’ ", explique-t-elle dans la vidéo en tête de cet article. Elle en a besoin après la crise sanitaire, dit-elle. Il y a bien les préparatrices mais il faut en permanence la présence d’un pharmacien. Elle cherche donc son adjoint. "Il n’y a pas de candidats. Il n’y a aucune candidature", insiste-t-elle. 

À Reims comme ailleurs, elle est loin d’être la seule dans cette situation. Les jeunes se détournent du métier. À la faculté de pharmacie, parmi les jeunes rencontrés en troisième année, aucun ne se destine à l’officine. "Dans l’idéal, je me destinerai à une carrière hospitalière. Moi, je travaille déjà en officine et ce n’est pas forcément ce qui me passionnerait en tant que métier. Je trouve ça peut-être un peu trop redondant à mon goût", accuse l’un d’eux. 

En cause : une réforme complexe des études de santé

Et puis, il y a les horaires à rallonge. "J’aimerais me diriger vers une carrière dans l’industrie", confie un autre jeune. "L’industrie, ça permet vraiment de s’ouvrir toutes les portes. Ça veut dire que si un jour on se lasse en production, on peut très bien aller en contrôle qualité ou dans le marketing", explique une jeune femme. Et les bancs de la fac de pharmacie n’affichent pas complet, depuis une réforme complexe des études de santé. "La conséquence de cette réforme, c’est qu’on se retrouve avec 40 étudiants admis en deuxième année alors que normalement, on devrait être 80", déplore un étudiant.

 

Depuis septembre 2020, la première année commune des études de santé (Paces) a été remplacée par deux filières : le parcours d'accès spécifique santé (Pass), et la licence accès santé (Las). En Paces, un concours déterminait un classement, tenant compte d'un numerus clausus pré-défini. Tous les étudiants "classés" accédaient alors automatiquement en deuxième année d'études. Mais désormais, "c'est un modèle de licence qui s'applique, alors si on n'a pas la moyenne, on ne passe pas", résume Romain Gallerand, porte-parole de l'Association nationale des étudiants de pharmacie de France (Anepf). Or, "les cours sont aussi compliqués qu'avant", déplore-t-il, ce qui peut expliquer une diminution du nombre d'étudiants sélectionnés. Au niveau national, il manque 1100 étudiants en deuxième année de pharmacie. Dans les officines, il manque 15.000 pharmaciens et préparateurs.  

Une situation identique en zone rurale

Même constat en zone rurale. Dans les Ardennes, à Bairon, près de Charleville-Mézières, la pharmacienne a le même problème. "Je suis même allée poser des annonces moi-même à la faculté de pharmacie de Reims. J’en ai déposé aux cabinets médicaux", soupire Virginie Pilard. Elle publie aussi ses annonces sur les réseaux sociaux. "J’ai une jeune retraitée qui me donne aussi un coup de main parce que c’est une connaissance et autrement une jeune, elle ne veut f...
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