Marcel Proust, une idole américaine: du côté de chez soi

Elodie Palasse-Leroux - Slate FR - 11/11
Surprenant: de Marilyn Monroe à Jack Kerouac, dans les universités comme les séries télé ou les clubs de lecture banlieusards, Proust n'en finit plus d'obséder l'Amérique.

À la mort de Marilyn Monroe, sa bibliothèque personnelle comptait un peu plus de 400 ouvrages. On y dénombrait cinq des sept tomes d'À la recherche du temps perdu. Les pages cornées et la reliure élimée des exemplaires alimentent l'image de l'actrice lovée dans un fauteuil, lisant et relisant certains passages. S'identifiait-elle à un personnage, trouvait-elle dans les méandres des pensées de Proust un peu de sens à ses propres tourments?

On se demande si elle penchait plus pour le côté de Méséglise (celui de chez Swann) que celui de Guermantes –les deux chemins empruntables pour se promener depuis Combray, «métaphore de Proust pour ces possibilités et diversités de la vie» selon les mots du réalisateur William Friedkin. Entre Proust et l'Amérique s'est nouée une drôle d'idylle. L'écrivain français ne s'est jamais rendu outre-Atlantique (l'idée de voyager provoquait chez l'auteur souffreteux une profonde angoisse), mais il s'y trouve omniprésent. Et l'Amérique a, l'air de rien, fait infuser son œuvre.

«C'est curieux, confiait-il en 1910, il n'y a pas de littératur...
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