Séance interrompue, rappels à l'ordre en cascade, noms d'oiseaux, cris... depuis le mois de juin dernier, les députés se font souvent remarquer pour leurs coups d'éclats dans l'hémicycle. Rarement la presse n'a écrit autant d'articles sur la forme des débats plutôt que sur le fond. Preuve que le sujet est pris très au sérieux au palais Bourbon : ce mercredi 9 novembre, une réunion du Bureau, plus haute instance de l'Assemblée nationale, se penchera en grande partie sur les incidents de comportement qui émaillent les séances ces derniers mois. Deux députés récemment rappelés à l'ordre, Danièle Obono (LFI) et Alexandre Loubet (RN), y seront notamment entendus.
Mais ce chahut est-il nouveau ? Ou avons-nous oublié que le spectacle donné par les parlementaires était le même ces dernières années ? TF1info a demandé aux députés les plus "anciens" de l'Assemblée, élus depuis au moins trois mandats, de comparer le début de cette législature aux précédentes. Trois représentent le centre de l'échiquier politique, un appartient à la majorité et une autre au Parti socialiste.
"Ce qui change c'est que nous sommes passés d'une majorité totale à une majorité relative, donc le rapport de force n'est plus le même et il est normal que nous ayons des débats plus vifs", explique Christine Pirès-Beaune, députée socialiste du Puy-de-Dôme, élue depuis 2012. "La situation politique actuelle est nouvelle. Jamais des groupes comme le Rassemblement national et La France insoumise n'avaient été aussi forts", ajoute Charles de Courson, député Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT) de la Marne, élu depuis 1993.
Selon Jean-Louis Bricout, député LIOT (ex-PS) de l'Aisne élu depuis 2012, tout cela conduit à ce que "depuis juin dernier, nous avons à l'Assemblée des groupes plus radicaux, adeptes d'une expression violente. Les extrêmes veulent s'affirmer comme forces d'opposition. Ils s'expriment dans l'hémicycle de façon plus virulente. Je trouve que même mes anciens collègues du parti socialiste ont monté d'un ton".
Certes interrogés par TF1info avant le tollé provoqué par Grégoire de Fournas, ces "anciens" sont plutôt cléments ou silencieux vis-à-vis de l'attitude du Rassemblement national, signe du succès de la "stratégie de la cravate" de Marine Le Pen à l'Assemblée nationale. En revanche, ils sont peu tendres avec La France insoumise, qu'ils jugent responsables d'une dégradation du climat dans l'hémicycle et de l'image des députés, notamment à travers leurs tenues vestimentaires (l'un des ordres du jour de la réunion du bureau de ce mercredi 9 novembre, ndlr).
Patrick Vignal, député Renaissance de l'Hérault (ex-PS), élu depuis 2012, les qualifie même de "fous furieux capables de tout, toujours dans l'outrance et l'exagération". Charles de Courson regrette qu'ils "ne cessent de tenir des propos insultants" et multiplient "les attaques personnelles". "Parfois, le but de leurs interventions est de retarder les débats. Nous nous noyons dans des questions secondaires, certains posent des amendements répétitifs dans le seul but de pouvoir prendre la parole", continue-t-il.
"Nous pensons que tous les électeurs sont devant ...
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