Manon Fleury: « un plat gastronomique doit raconter l’histoire du champ »

Humanite - 05/11
De ses années d’escrime, Manon Fleury garde l’audace et l’esprit d’engagement. à 31 ans, il en faut pour s’imposer à la tête de restaurants étoilés avec une carte 100 % végétale, circuit court et zéro déchet. Une cuisine qui sublime les légumes, célèbre les métissages, cultive les variétés locales et le lien direct. Dans un livre de recettes, elle escorte les céréales de main de maître.

À la tête d’une brigade 100 % féminine au Perchoir Ménilmontant à Paris, où elle officie en résidence jusqu’à la fin de l’année, la cheffe cuisinière Manon Fleury veut faire entendre sa voix dans un milieu très masculin. À 31 ans, celle qui a été formée dans les étoilés au « Michelin » conçoit les fruits et légumes comme les seuls « produits de luxe » à mettre dans ses assiettes avec au centre, les céréales. Elle leur a d’ailleurs consacré, en septembre, un très appétissant livre, « Céréales, les recettes d’une cheffe engagée ».

Céréales, les recettes d’une cheffe engagée
Manon Fleury, éditions Flammarion, 224 pages, 29,90 euros

 Vous sortez un livre de recettes autour des céréales. Pourquoi ce choix ?

Elles font partie intégrante de mon alimentation depuis l’enfance. J’ai toujours mangé du sarrasin ou du quinoa. Mis à part le blé, j’ai très peu travaillé les céréales dans mon apprentissage de la cuisine classique. Il a fallu que j’aille aux États-Unis, chez Dan Barber, pour le faire. J’ai vu qu’il collaborait étroitement avec une ferme en autosuffisance et des chercheurs de façon à créer un écosystème maraîcher où les céréales venaient enrichir le sol entre deux cultures. Sa spécialité emblématique était le « rotation risotto », avec sept céréales, dont certaines très anciennes. J’ai pris conscience qu’on pouvait alors servir un plat gastronomi...
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