Des carrières brisées. Une semaine après avoir acté le rachat de Twitter, Elon Musk a lancé un plan massif de réorganisation des effectifs, avec, à la clé, des milliers de licenciements. "Environ 50% du personnel va être affecté" par ces choix de la nouvelle direction, prévient un document envoyé aux employés du réseau social que l'AFP a pu consulter.
L'entreprise californienne, qui comptait près de 7500 salariés fin octobre, a notifié des milliers de personnes de cette décision par courriel. "Comme annoncé plus tôt aujourd'hui, Twitter réduit ses effectifs pour aider à améliorer la santé de l'entreprise. Ces décisions ne sont jamais faciles et c'est avec regret que nous vous écrivons pour vous informer que votre poste à Twitter est concerné. Aujourd'hui est votre dernier jour de travail", indique l'un de ces messages. Les bureaux vont également être provisoirement fermés et les accès par badge "suspendus", afin "d'assurer la sécurité de chaque employé ainsi que celle des systèmes et des données" de la plateforme.
Nous sommes devenus une famille
Un ex-employé de Twitter
Peu après ces annonces, des employés se sont exprimés sur "l'oiseau bleu"pour annoncer la suppression de leur poste, parfois à l'aide des hashtags #LoveWhereYouWork (Aime ton lieu de travail) et #OneTeam (Une seule équipe). "Toutes mes pensées, mon respect, mon énergie et mon amour aux tweeps (surnom des employés de Twitter, ndlr) du monde entier aujourd'hui. Nous avons construit ensemble l'application la plus incroyable de la planète", a par exemple écrit Damien Viel, le directeur général de Twitter France.
"Les tweeps auront toujours une place spéciale dans mon cœur. J’ai eu le plaisir de travailler avec beaucoup d’entre vous sur de nombreux projets différents. Nous avons ri, nous avons pleuré, et surtout, nous sommes devenus une famille", renchérit un ancien membre de la société (@retromauro).
"Les licenciements sont terribles. Pas d’avertissement. Juste une réunion abrupte, tôt le matin, sur votre calendrier avec votre patron. Suivi d’un accès bloqué. C’est terrible", fustige de son côté un ex-salarié (@JaelnTech). "Donner son sang, sa sueur et ses larmes à une entreprise, pour se rendre compte qu’elle n’en a pas tenu compte. L’industrie peut faire mieux", déplore-t-il.
En outre, plusieurs cadres ont démissionné d'eux-mêmes et plus de 700 personnes sont déjà parties cet été.
Elon Musk est un milliardaire imprévisible et incohérent. Il représente un danger pour cette plateforme qu'il n'est pas qualifié à diriger
Nicole Gill
Ces pratiques ont suscité le courroux de plusieurs associations. "Nous assistons à la destruction en temps réel de l'un des systèmes de communication les plus puissants au monde. Elon Musk est un milliardaire imprévisible et incohérent. Il représente un danger pour cette plateforme qu'il n'est pas qualifié à diriger", a réagi Nicole Gill, cofondatrice de Accountable Tech, une des ONG qui ont appelé les annonceurs à faire pression sur le nouveau patron.
De son côté, Elon Musk ne s'en cache pas : il prône une vision de la liberté d'expression qui nécessite d'assouplir les règles de modération des contenus de la plateforme. De quoi, selon ses détracteurs, ouvrir la porte à un regain d'abus (harcèlement, discours haineux, désinformation...) Cela explique que plusieurs groupes aient déjà décidé de suspendre leurs dépenses publicitaires sur Twitter, dont le géant américain de l'agro-industrie General Mills, le constructeur automobile américain...
[Courte citation de 8% de l'article original]